
Avec le temps, le réservoir des gouverneurs noirs, fantoches néocoloniaux, s’épuise. La dernière génération de ludions, agents zélés du néocolonialisme touche à sa fin. Aussi la France force-t-elle les derniers rescapés à jouer les prolongations, à travers la supercherie simiesque du troisième mandat et le syndrome de la dynastie héréditaire, qu’on aurait pu penser être une de ces manifestations d’une sauvagerie politique typiquement africaine, mais qui au finish se révèle être un phénomène dont l’Afrique francophone a le monopole : Gabon, Congo, Togo, Tchad…
Avec la prise de conscience des peuples facilitée par l’explosion démocratique des nouveaux médias, le recrutement et le dressage par la France de nouveaux présidents-boys a du plomb dans l’aile. Alors, comme le montre les martyrs de Sankara et de Gbagbo, la France s’épuise à barrer la voie aux Africains dont l’accession au pouvoir menace ses intérêts. Elle est acculée aux recrutements au compte gouttes comme dans le cas du Niger avec Bazoum ; mais qui peut donner cher de la longévité présidentielle d’un Bazoum, si partout ailleurs en Afrique, la jeunesse est prête, comme au Sénégal, à mourir pour sa libération du joug français ?
Aminou Balogun
