USA, de Barack Obama à Kamala Harris : la Géopolitique de la Race

Joe Biden qualifiait récemment Kamala Harris de “The first Black Indian woman with Indian background to be vice-president.”

Cette précision racialiste qui ferait rougir un entomologiste, est certes une banalité dans les mœurs sociopolitiques des États-Unis. Mais le moins qu’on puisse dire est que Biden tient à l’origine indienne de sa vice-présidente censée servir à des fins politiques et surtout géopolitiques. Le « Black » sert à ramener dans sa version féminine la manipulation dont Obama a été le nom ; on s’en souvient les Noirs de par le monde, à commencer par l’Amérique, avaient donné dans le panneau, et la chose avait bluffé les autres nations – qu’elles soient d’Europe ou d’ailleurs : l’Amérique n’est pas prisonnière de la haine anti-noire qui a marqué son histoire et continue de marquer sa société ; elle sait faire un sursaut et sortir de ce cercle diabolique, dans un monde du 21ème siècle marqué par la prépondérance technologique du global village, que ses réseaux sociaux se chargeront d’illustrer.

Mais « ‘l’indian woman with indian background » est à usage géopolitique. Il s’agit de faire des mamours à l’Inde. Histoire de montrer que les USA et l’Inde sont sur la même longueur d’onde, cultive une certaine intimité sinon une intimité certaine – message adressé en priorité à ses ennemis mortels que sont la Chine et la Russie.
Signalons que du temps d’Obama, personne n’a cru devoir dire d’Hussein Barack Obama qu’il était un «  Black with European  ( or white) background ». Au contraire tout le côté white, pourtant pour lequel on l’a choisi au lieu d’un vrai Noir, avait été occulté, effacé, passé sous silence. En vertu du « one drop rule », Obama était un Noir, un point c’est tout. La blancheur d’Obama est à la fois conditionnelle et sous-entendue. Elle est conditionnelle parce qu’elle est la condition du casting qui l’a hissé sur le fauteuil présidentiel ; et elle est sous-entendue, parce qu’une fois en place et même pour qu’il soit en place cette condition doit être un non dit, un non-événement, un impensé.  En somme Obama est un Noir suffisamment Blanc pour être Président des États-Unis au 21ème siècle, mais à condition que Noirs et Blancs dénient en chœur cette blancheur ; on a là une forme de complicité voire de collusion qui instaure une dénégation symbolique : « le white background » d’Obama. En revanche avec Kamala Harris on est dans la surenchère, l’hyperbole, qui accorde à la vice-présidente ce qui est strictement dénié à Obama.

Que retenir de ce deux-poids-deux-mesures en dehors du cynisme de la pensée politique américaine ? Eh bien l’autoritarisme ethnocentriste des Blancs – qu’ils soient américains ou non du reste. Ils décident à leur gré de ce que sont les autres, imposent cette vision à leurs peuples qui sont les plus manipulés du monde ; en effet, les populations des pays occidentaux sont agis dans une représentation du monde opaque et savamment construite qui leur donne l’illusion d’agir. Mais le Blanc impose aussi aux autres, notamment aux Africains historiquement aliénés et souvent fiers de l’être, leur cadre symbolique de vision du monde.

Adenifuja Bolaji

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