Bénin : Talon ou la Permanence Inquiétante du Coup d’État

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Dans un essai politique publié sous le titre de « coup d’État permanent » en 1964, François Mitterrand dénonçait la pratique du pouvoir personnel par le général de Gaulle, les abus en matière de justice et de police et l’instauration des tribunaux d’exception.

A quelques différences près, le Bénin vit depuis 2016 son coup d’État permanent. Un coup d’État fondé sur la décapitation de l’édifice démocratique du pays. Depuis 2016, les droits acquis par les travailleurs sont violemment arrachés un à un grâce à la malsaine complicité de la 7e législature qui a voté une série de lois dignes d’une république bananière arrachant successivement le droit de grève aux enseignants, aux médecins et aux magistrats. L’assemblée nationale a été transformée en une caisse de résonance; pire en une passoire où toutes les incongruités en matière de lois ont été adoptées. Ce faisant, Patrice Talon a été mis au-dessus du parlement, au-dessus de la constitution et au-dessus du peuple. Le pays est géré comme si le Président n’est redevable de rien et n’a de compte à rendre à personne sur sa gestion. Talon SARL est née.

C’est dans ce contexte que nos compatriotes ont été abattus pour faire la voie aux commis à la législation. Il est aisé de constater depuis leur installation, ils n’ont qu’une seule obsession : légiférer pour honorer le prince. Au moment où nos enfants prennent les cours l’eau à la ceinture, au moment où la frontière avec le Nigéria est fermée depuis plus de deux mois, l’urgence des commis à la législation est la révision de la constitution. L’insouciance et de l’irresponsabilité des gouvernants actuels et de ses commis par rapport aux souffrances des populations sont d’une gravité inouïe. On se comporte comme si la révision est une question de vie ou de mort pour la République. On se comporte que s’il suffisait de réviser la constitution pour avoir plus de pain sur les tables ou pour qu’enfin l’assurance maladie universelle soit une réalité.

Tout le monde sait que le jeu qui se joue au Bénin est d’abord économique. Tous les actes qui sont posés aujourd’hui visent à protéger, à sécuriser et à renforcer les intérêts économiques de Talon. Pendant ce temps, pour le peuple, le slogan prend tout son sens : « vous allez en souffrir et vous ne pouvez rien ».

Jules Djossou

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