Pourquoi l’Afrique de Demain Saura ou ne Sera Pas

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Depuis plus de 13 ans que ce Blog existe, parmi les internautes africains – et notamment les Béninois qu’il cible – il ne manque jamais du monde pour lire la dernière connerie politique ; dans le sens où, loin de toute analyse objective ou réflexive, elle croustille de faits politiques concrets et actuels, prend parti et à partie, ou met en jeu ou en scène des personnages politiques bien réels et bien connus.

À l’inverse, si ce qui est donné à lire fait partie des sujets qui ont historiquement constitué le centre d’intérêt des classes lettrées des nations puissantes et/ou développées d’aujourd’hui,  thèmes portant sur la culture, la philosophie, la littérature, la morale, la politologie, la science, alors il ne faut pas compter sur le lecteur africain pour y accorder intérêt. Ce genre de sujet ne trouve aucun preneur ou presque parmi eux.

Empiriquement, le rapport entre la première catégorie de fous de sujets politiques croustillants et les quelques rares qui s’intéressent aux sujets engageant le développement de l’espèce humaine en général et de notre race en particulier, ce rapport est de l’ordre 25/1000 ! En clair pour 100 brouteurs africains de sujets politiques croustillants, il y a  entre deux et trois Africains qui s’intéressent aux sujets qui engagent l’émergence du continent.

Le problème n’est pas de demander aux mille personnes qui broutent du politique à longueur de journée de s’intéresser à la culture et de s’investir parallèlement dans des thèmes porteurs et variés sans l’investissement desquels par une masse critique de gens, l’Afrique ne peut jamais décoller. Le problème ou plus exactement la question est de savoir pourquoi, alors qu’il y a des gens qui se passionnent pour la politique et se saisissent des média nouveaux  pour assouvir leur besoin dans ce domaine, le domaine du savoir au sens large reste orphelin ?

Et ce qui est grave, c’est que la plupart du temps, les brouteurs passionnés de politique, pensent sincèrement que c’est leur excitation et leur passion autour de ce sujet qui va faire avancer l’Afrique.

Et la réalité socioculturelle leur donne raison. Ouvrez n’importe quel journal du Bénin, vous verrez qu’on n’y parle que de politique et d’actualité politique, à l’exclusion de tout autre sujet. En effet, ce sont des papiers qui ont vu le jour grâce à l’appui de politiques, et n’ont pour lecteurs solvables que d’une part les politiques en activité, ceux qui sont au pouvoir  et vivent grassement au frais de l’État, dans les petites choses comme les grandes : salaires mirobolants, subsides, facilités, corruption, détournement, etc. ; et d’autre part, les aspirants politiques, ceux qui rêvent passionnément de prendre la place des premiers – ce qui est du reste le seul programme politique des opposants putatifs dans ce qui se nomme démocratie en Afrique ; et qui en achetant ces journaux, ne font qu’investir pour l’avenir.

L’Afrique ne peut pas avancer si, loin de se confondre à la paresse intellectuelle de l’époque, voire de l’amplifier frénétiquement,  ne se détachait en son sein une classe qui, en dehors des formations scolaires et des diplômes qu’elles permettent d’acquérir,  démontre sa passion pour le savoir et le fait culturel.

Le Professeur Jean-Philippe Omotunde dans une vidéo publiée récemment en réaction aux propos racistes de l’écrivaine Angot sur France 2, s’est demandé Pourquoi les Autres ne Nous Respectent pas. En répondant à cette question qu’il se posait à lui-même, il a surtout mis l’accent sur des raisons philosophiques et éthiques. Il a stigmatisé le manque de ce qu’il a appelé la « volonté de puissance » ; de même  le fait que les Africains ne sachent pas se mettre ensemble pour agir économiquement en tant que groupe  identifiable, conscient de lui-même et mû par une claire volonté. Mais, à aucun moment, il n’a compté parmi les raisons pour lesquelles les autres ne nous respectent pas ce peu d’intérêt que nous manifestons pour le savoir et la culture, en dehors de l’obtention des parchemins.

Mais les Africains doivent savoir que l’Afrique de demain saura ou ne sera pas

Adenifuja Bolaji

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