Bénin : Non à l’Autocratie ! Non à l’Anesthésie de la Démocratie !

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Le Bénin doit entrer en insurrection, si les Béninois tiennent à leur Démocratie chèrement conquise. Le Bénin n’est pas le Togo, même si les deux pays sont proches.

Toute cette histoire de consensus est une usine à gaz, de la mascarade à deux sous. Le but est de mettre la camisole de force au Béninois en leur faisant croire que c’est un mal incontournable que le pays doit accepter pendant que ses docteurs politiques s’affairent à son chevet pour trouver le remède de sa guérison.

On veut que les Béninois acceptent la logique régressive du parti unique, l’anesthésie malicieuse de la démocratie, sa mise entre parenthèses en plein jour sous prétexte que ceux qui ont le pouvoir de rétablir la justice ont été au bout de leurs efforts, en vain ; que le vin de l’injustice politique, de l’hérésie démocratique est tiré et que les Béninois n’ont pas d’autre choix que de le boire en attendant mieux ; mieux, en leur promettant mieux. « Accepter le pire, indépendant de notre volonté, dit le pouvoir, et nous vous promettons le mieux ».

Or le fond du problème est d’une simplicité renversante, si renversante que toute personne qui, sans avoir inventé la poudre, est en pleine possession de ses moyens cérébraux ne se serait pas donné la peine d’espérer une quelconque solution à l’amiable, dans ce qui au départ était un faux problème. Le problème c’est quoi ? C’est tout une histoire.

Il était une fois un homme nommé Talon qui, après avoir mené un combat de Titan avec son prédécesseur dans les conditions mélodramatiques que l’on sait, a accédé à la magistrature suprême avec un discours inhabituel dans la bouche d’un président africain : « Je ne ferai qu’un mandat ». Il a essayé de réviser la constitution et a mordu la poussière, malgré tous les achats de consciences qu’il a, fidèle à ses vieilles habitudes, effectués. Malgré ce premier échec, fidèle à son credo de mandat unique et l’insouciance que ce schéma de longévité politique librement choisi peut induire, depuis son arrivée au pouvoir, il n’a pas fait de l’art de caresser le peuple dans le sens du poil son souci primordial. Tout le contraire de l’attitude de son prédécesseur avec lequel, il prétendait marquer une rupture. Il a alors passé le plus clair de son temps à jouer les présidents bulldozers. Rudoyant le peuple, se moquant de la nécessité de dialoguer, l’affamant, s’empiffrant lui et ses amis, pendant que les Béninois s’enfonçaient dans une misère de plus en plus grande. Ses Ministres étaient payés des mille et des cents, parfois bien plus que des Ministres des pays occidentaux, pendant que le citoyen ordinaire n’avait le choix que de son maigre salaire, s’il en a.

Dans le même temps, Talon s’est montré féroce avec ses adversaires  politiques ou d’une manière générale, tous ceux qui ont osé user de leur droit de ne pas danser au son de sa musique ; ingrat, cruellement ingrat envers ceux qui ont contribué à son élection, donnant raison à la boutade de l’écrivain Céline selon laquelle l’homme est toujours pressé de se venger du bien qu’on lui a fait.

Bref, Talon s’est moqué longtemps du risque de l’impopularité ; des mois durant, il ne se soucia guère du calendrier politique. Or, comme le dit le proverbe, « tous les jours pour le voleur et un jour  pour le propriétaire.» Le vrai propriétaire du pouvoir en démocratie, on le sait, c’est le peuple. Et le moment où le peuple s’exprime sur sa propriété, c’est le moment des élections. Ayant crâné tout le temps, se souciant des problèmes du peuple réel comme d’une guigne, quand le moment crucial où le peuple doit parler arrive, eh bien M. Talon et les siens entrent en mode panique ; ils sortent l’arme absolue : l’exclusion de l’opposition des élections législatives, autant dire l’exclusion du peuple des élections. Cela ressemble à une blague sinistre, un cauchemar, une absurdité démocratique aussi risible que ridicule.

La menace qui est apparue brutalement aux yeux de Talon, jusque-là ivre de ses certitudes, c’est celle de l’échec cinglant dans une élection où le peuple va se prononcer. Lui et les siens avaient laborieusement concocté des lois artificielles pour éliminer en douceur une bonne partie de l’opposition ; des lois sur mesure votées entre chiens et loups, en dépit du bon sens, dans une ambiance masturbatoire qui mêlait le cynisme à l’aveuglement le plus total. Ils n’avaient pas imaginé que l’exclusion irait jusqu’à révéler les racines du gigantesque arbre de la machination autoérotique qui se prenait pour l’arbre à palabre politique. On a voulu élaguer une branche et toute la frondaison de l’arbre est tombée ; on a voulu faire tomber une rangée de briques d’un mur, et tout le mur s’est écroulé. Et c’est de là que vient la vraie fausse crise. Vraie-fausse parce qu’insoluble ; insoluble parce que sa solution passe par l’échec électoral de Talon, le retour triomphal et la résurrection politique de ses ennemis mortels. Les Ajavon, Soglo, et toute la cohorte des exilés politiques.

Alors, après s’être consumé en ballets et manèges dilatoires, en tractations et gesticulations stériles, Monsieur Talon et ses amis cherchent à faire passer en contrebande l’idée d’un consensus sur l’échec du consensus, un plébiscite trompeur autour de sa bonne foi ; et enfin de compte à faire avaler au peuple la pilule amère et farfelue d’une élection sans l’opposition. Aagboruèri ! Du jamais vu dans une démocratie digne de ce nom !

Or c’est ce que le peuple béninois ne doit jamais accepter. L’équation politique qui consiste à mettre en balance l’échec électoral éventuel  d’un camp et la mise entre parenthèses de  la démocratie est une équation dangereuse. C’est une idée diabolique, une dérive inacceptable.

Uni comme un seul homme  le Peuple Béninois doit se lever et mettre fin à cette sinistre comédie qui a assez duré. Il doit reprendre en mains tout son pouvoir !

Aminou Balogun

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