Afrique : Comment Restructurer nos États Faits de Bric et de Broc pour en Faire de Véritables Nations Africaines

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En observant un pays relativement vaste et ethniquement dense comme le Nigeria   – une densité qui n’est certes pas fonction de sa seule vastitude et dont il n’a pas l’apanage, car même un petit pays comme le Togo, toutes proportions gardées, ne rougirait pas de sa densité ethnique – on se dit, Dieu merci, que les Blancs nous aient ainsi fagotés, faits de bric et de broc ethnique !

Ce conditionnement imposé, cette obligation d’être ensemble, nous a permis de nous connaître mieux que nous ne l’aurions fait, eussions-nous été portés par les logiques politiques endogènes, même si cette cohabitation n’a pas été, et continue de ne pas être, exempte de frictions, de haine voire de violence.  Avant d’être attrapées, les sardines n’étaient pas forcément du même ban ; mais une fois mises en boite, huilées et enfermées, elle assument une unité de circonstance à laquelle le consommateur peut bien rendre grâce. A défaut de nous unir, notre conditionnement involontaire nous apprend à vivre ensemble en tant qu’Africains des mêmes sous-régions, et à faire plus que de nous côtoyer, ce qui n’aurait pas été le cas en dehors de toute médiation étrangère – fût-elle contrainte ou pacifique.

En même temps qu’on reconnaît les avantages de la morphologie passive  de nos États hérités du colonialisme et qui peinent à devenir des nations, on doit en reconnaître aussi les inconvénients ou les défauts associés.

Par défauts associés, je ne réfère pas les difficultés inhérentes au vivre ensemble et qui freinent l’avènement de véritables nations et l’assomption correspondante par les populations d’un véritable esprit national. Il ne s’agit pas non plus d’une critique de l’hétérogénéité ethnique ou religieuse souvent inédite découlant de l’amalgame des peuples de nos États – amalgame dont le caractère arbitraire ne peut qu’être le fait d’acteurs absolument étrangers à l’âme de l’Afrique et qui étaient loin d’être soucieux de son bien – mais de ce que ces découpages à l’emporte-pièce impliquent de morcellement et de séparation du même de part et d’autre des frontières artificielles des États.

Comment résoudre ces défauts sans faire entorse au dogme de l’intangibilité des frontières héritées du colonialisme ? La solution  réside dans l’intégration sous-régionale, et la création d’États véritablement  africains qui fassent place et droit aux systèmes symboliques — langues, religions et monnaies, endogènes.

Adenifuja Bolaji

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