Bénin Législatives : Talon a-t-il Mis de l’Eau dans son Vin ?

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Les images et surtout la  vidéo montrant un extrait de la rencontre de M. Talon avec quelques membres de l’opposition sur le thème de la participation problématique de celle-ci aux élections du 28 avril 2019 ont circulé par bribes sur les réseaux sociaux. On a vu les photos montrant le chef de l’Etat en discussion avec quelques-uns de ses hôtes dont son ex-ministre délégué à la défense, M. Candide Azannaï, un homme, tout le contraire du candide en matière de zigzag politique.

Dans un pays bien dirigé par un chef qui a un sens élevé de la cohésion nationale, on s’attendait à une attitude de père de famille de la part de M. Talon. « Ah, mes enfants, vous avez commis quelques petites erreurs, mais, vous inquiétez pas, on va réparer tout ça dans l’intérêt de tous ». Tel devrait être, pensait-on, le propos rassurant de Monsieur Talon, reflétant une attitude de bon père de famille, informée par l’idée que pouvoir se parler  est déjà le premier pas sur le chemin de la résolution des litiges et malentendus entre partis.

Or, à voir la tension perceptible qui émanait des échanges, on est surpris du niveau et du lieu d’hostilité où le débat et les enjeux étaient situés. Les échanges laissaient l’impression affligeante d’un combat de coqs. Le Chef de l’État, sur un ton de procureur implacable, chargeait la barque des griefs et dérives  absolument inexcusables – semblait-il – de l’opposition. Paradoxalement, une certaine tranquillité, certes toute relative, venait du côté de ses hôtes. Cette rencontre, loin d’être une occasion de dialogue franc et sincère entre les acteurs du jeu politique national afin qu’ils dissipent les sombres nuages  amoncelés on ne sait pourquoi dans le ciel politique du pays, ressemblait au contraire à une joute décisive où M. Talon, plus que ses hôtes, semblait jouer l’avenir de sa quiétude politique.

Dans la vidéo, à ne s’en tenir qu’à la vivacité des échanges, à la hargne accusatoire du Président, à ses accents de procureur, la rencontre donnait l’impression d’un procès à charge bien préparé, dans le seul but d’accabler ses hôtes – les accusés  – de les convaincre de ce que leur éventuelle exclusion de la course électorale ne serait que la conséquence de fautes dont il serait moral et logique qu’ils en assumassent l’entière responsabilité.

Malgré la gravité du jugement et ses implications non seulement sur la cohésion nationale mais sur la santé démocratique du pays que l’absurdité de son verdict le cas échéant mettrait sérieusement à mal, rien ne sembla présager du fait que Talon eût décidé de mettre de l’eau dans son vin.

Adenifuja Bolaji

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