Chine-Afrique : La Confiance n’exclut pas le Contrôle et la Conscience

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Néocolonialisme, de dépendance à la dette ou au contraire opportunité à saisir ? L’implantation fulgurante de la Chine en Afrique alimente les fantasmes chez certains experts, mais aussi nourrit l’espoir d’une nouvelle opportunité à saisir. Partisan d’une approche plus lucide dans l’établissement des relations entre l’Afrique et la Chine, l’économiste sénégalais Adama Gaye, auteur de «Chine-Afrique : le dragon et l’autruche» (L’Harmattan, 2006), décortique, en compagnie de Li Anshan, directeur du Centre d’études africaines de l’Université de Pékin, les ressorts d’une relation plus historique que l’image récente qu’on lui prête. Entretien croisé.

La Tribune Afrique : En septembre 2018, lors du Sommet Chine-Afrique, le président Xi Jinping annonçait une enveloppe de 60 milliards d’investissements. Une relation purement économique et commerciale, est-ce tout ce que la Chine peut offrir à l’Afrique ?

Li Anshan : C’est peut-être la seule représentation des faits qui domine dans les médias. Mais si l’on regarde de plus près le plan d’action et l’agenda de ce que la relation Chine-Afrique sera dans les prochaines années, on trouvera que c’est un plan assez complet. La relation entre l’Afrique et la Chine a souvent été plus politique et idéologique dans les années 1960-1970, puis économique dans les années 1980-1990. Elle est maintenant plus diversifiée qu’elle ne l’a été puisqu’elle inclut la paix et la sécurité, l’éducation et des aspects plus sociaux.

Adama Gaye: A l’origine, la Chine n’a eu que des relations politiques avec l’Afrique puisque c’est du soutien de l’Afrique dont elle avait besoin dans une période de rivalité idéologique après l’avènement de la République communiste de Chine en 1949. Plus tard, avec sa politique d’isolationnisme diplomatique après Tiananmen, la Chine avait besoin d’«amis» à l’étranger qu’elle a pu trouver auprès des pays africains notamment dans l’obtention de son siège en tant que représentant de la Chine au détriment de Taïwan.

Mais aussi, la Chine devient progressivement un grand partenaire de l’Afrique. Depuis qu’elle a réussi à atteindre un certain développement économique, elle apporte un important soutien financier au Continent. A mon sens, ce que l’Afrique doit prendre en considération, c’est la manière dont la Chine est parvenue à atteindre ce niveau après s’être relevée de siècles d’humiliations pour devenir cette nation leader dans le monde.

Je crois aussi que la Chine n’a besoin d’être vue comme un « modèle» même si elle en constitue un, en quelque sorte. Nous aspirons à des nations africaines libres, fortes, respectées comme la Chine l’a réussi. Au regard de cela, Chine-Afrique, c’est un bon partenariat en ce qu’elle constitution une solution alternative aux partenaires traditionnels.

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