Les Deux Sources des Malheurs de la Jeunesse Africaine Migrante

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La jeunesse africaine désœuvrée et prise au lasso du miroir aux alouettes d’un monde globalisé, n’a d’autre recours  que de migrer. L’appel du large devient irrésistible. Partir vers le pays des Blancs – là où l’on croit qu’il fait bon vivre, que ce soit chez les Occidentaux ou les Arabo-musulmans – est érigé en but final et existentiel. Malheureusement, qu’il se dénoue dans la barbarie de l’esclavage ou dans  la condition  de ce qu’on appelle immigré en Occident, ce but est toujours un piège ; un piège plus ou moins brutal ou barbare,  plus ou moins vicieux ou civilisé.

La problématique de ce piège dans lequel tombe la jeunesse africaine est double. On peut critiquer cela en invoquant l’irresponsabilité des dirigeants, leur échec durant plusieurs décennies à construire et prévoir les évolutions socioéconomiques de leur pays ; leur incapacité à instaurer un environnement propice au mieux être des populations. En clair, un manque  criant de leadership et de vision. Cette tare est accentuée par le parti-pris kleptocratique d’une classe dirigeante qui sans états d’âme et avec ou sans la connivence des étrangers, fait mains basses sur les maigres ressources du continent.

Pendant que la minorité dirigeante vit dans l’opulence et le luxe le plus insolent — de multiples comptes en banque dans les paradis fiscaux et banques occidentales, des biens meubles et immeubles un peu partout dans le monde, le stupre et la débauche, la fréquentation des casinos et boutiques de luxe en occident, l’entretien de nombreuses épouses et maîtresses et bien d’autres fantaisies sans nom — la grande majorité est abandonnée à elle-même, dans la débrouille, la faim, la pauvreté et une misère dont la progression galopante est à la mesure de la croissance exponentielle des populations. Dans un monde globalisé, où les pauvres, loin d’être enfermés dans leurs tiers-monde opaque comme c’était le cas jadis, reçoivent par une multitude de canaux les échos de la vie des pays riches dans lesquels ils sont pour ainsi dire immergés au quotidien, grande est la tentation pavlovienne de prendre le large.

Mais c’est justement cette tentation, mixte de rêve et de besoin de survie, qui fait problème. En effet, quelle inconséquence tragique pour la jeunesse africaine que de se lancer vers un monde hostile et haineux qu’elle croit généreux et angélique sans être au préalable instruite des dangers vers lesquels elle court en toute naïveté ?

Et c’est là que se pose la question de l’éducation. L’histoire des rapports des autres avec nous, des Blancs avec les Noirs est-elle réellement enseignée aux Africains, dans nos écoles et universités ? La perception naïve que les Noirs ont des autres et plus particulièrement des Blancs, est-elle une représentation autonome et endogène ou plutôt une représentation exogène d’emprunt produite par les Blancs à notre usage ? La réponse à cette question va de soi. En effet, en dehors des rapports de forces communicationnelles qui, du fait de leur puissance économique, penchent en leur faveur, les systèmes symboliques dont nos représentations culturelles sont tributaires nous sont prêtés par les Blancs ; ils fonctionnent en leur faveur comme de véritables Chevaux de Troie. Comment dans ces conditions espérer – pour autant que nos dirigeants eussent jamais nourri un tel espoir – éclairer sainement notre jeunesse sur l’histoire de barbarie et la nature implacablement instrumentale de nos rapports pluriséculaires avec les Blancs ?

Donc, les deux sources du piège d’esclavage et des catastrophes terribles qui guettent la jeunesse africaine migrante sont l’incurie de nos dirigeants et la passivité idéologique inhérente au système éducationnel. Autant dire une double irresponsabilité de nos soi-disant dirigeants.

Adenifuja Bolaji

 

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