Bénin : Talon ou la Mise en Scène de la Vie Politique Nationale

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Sous Yayi Boni, la Démocratie avait déjà un air de théâtre avec de la fraude à tous les étages, des mises en scène et un système rodé de supercherie institutionnelle ;  mais rétrospectivement, tout cela n’apparaît que comme des sketches ; car – et encore qu’une bonne partie de son ère était placée sous influence de Talon – dans ce qu’elle avait d’authentique, de combatif, et d’autonome, Yayi n’avait aucune prise ni emprise sur l’opposition, encore moins de liaisons souterraines et sournoises avec elle.

Du reste, Yayi était assez candide pour ne pas descendre en dessous d’une certaine limite dans les profondeurs suborneuses de la supercherie institutionnelle.

Actuellement, cette limite est dépassée. Au détour de la loi sur l’organisation de la vie politique et la soi-disant charte des partis,  Talon, qui possède déjà la majorité, sera aussi le propriétaire de l’opposition. En mettant en scène ses acteurs et en les finançant, Talon va s’offrir les apparences trompeuses d’une démocratie normale avec majorité et opposition bien ficelées.  A l’instar de ces conjonctions botaniques insolites qui réunissent deux arbres distincts sur le même tronc, la majorité et l’opposition naissante sous nos yeux seront animés par le même homme nommé Patrice Talon. Le désir d’avoir partie liée avec l’opposition n’est pas chose nouvelle chez Talon, il l’a toujours éprouvé et nourri sous les régimes précédents, une activité qui lui permettait, le cas échéant, de pousser en sous-main ses pions sur l’échiquier politique national et de tirer ses marrons du feu économique. La seule différence avec le passé  – sous les Soglo,  Kérékou et surtout Yayi – c’est que Talon est maintenant sur le fauteuil présidentiel.

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Quand le tam-tam change de rythme, dit le proverbe,  le danseur doit changer de pas. Mais l’habitude, dit un autre proverbe, est une seconde nature. Et tout à ses intérêts, Talon préfère s’abandonner à sa seconde nature.  Hier, marionnettiste de Yayi, jusqu’à ce que, ayant trop tiré sur les fils, la marionnette se soit révoltée contre son âme, aujourd’hui, le voilà dans le costume du ventriloque qui, sur la scène de la démocratie-théâtre, pose les questions et donne les réponses. Si on voulait prendre les Béninois pour des cons, nul doute qu’on ne s’y prendrait pas autrement.

Mais à l’évidence, les Béninois qui sont les premiers en Afrique à initier la conférence nationale ouvrant  le chemin de la Démocratie sur le continent  sont loin d’être des demeurés. Comme tous les peuples épris de paix, ils ont besoin d’un leader, d’un président mais pas d’un metteur en scène !

Aminou Balogun

Bénin : Claudine Prudencio, de Papa Yayi à Maman KaléTalon

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