De Bourgi à Benalla : les Émirs de la Françafrique

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L’avez-vous remarqué ? Les missi dominici et autres barbouzes qui travaillent pour la Françafrique et font leur beurre sur le dos de l’Afrique sont souvent d’origine arabe ou assimilés, affublés de prénoms bien chrétiens.

Voici un petit florilège : Robert Bourgi ; Alexandre Djouhri, Jean-Charles Chourki ; Alexandre Benalla, etc. Il y a là des Libanais d’origine, des Marocains d’origine, des Algériens d’Origine…

Robert Bourgi

Robert Bourgi, né  le 4 avril 1945 à Dakar, au Sénégal, Jaffar (dit Robert) Bourgi appartient à une fratrie de 13 enfants, issus d’une dynastie libano-sénégalaise. Fils de Mahmoud Bourgi, un riche négociant en textile, qui a choisi d’émigrer du Liban en 1918. Sa biographique n’est pas sans rappeler celle du Général Dodds, l’homme qui conclut la conquête française du Danhomè face au Roi Gbêhanzin.

Alexandre Djouhri

Alexandre Djouhri, né Ahmed Djouhri le 18 février 1959 à Saint-Denis en Seine-Saint-Denis, est un homme d’affaires français. Sa famille, originaire d’Algérie, s’est installée à Saint-Denis puis à Sarcelles dans les années 1950. Alexandre Djouhri est recruté par Vivendi Environnement (devenu Veolia). Il est décrit comme un « ami personnel » de son président Henri Proglio.

Les activités de ce bon connaisseur de l’Afrique et du Moyen-Orient consistent à être un intermédiaire sur les marchés internationaux de l’eau, des déchets et du pétrole. Claude Guéant dit de lui : « Il a une connaissance de l’économie et des affaires qui est utile à notre pays. » Sous la présidence de Jacques Chirac, il devient un intime des conseillers présidentiels Maurice Gourdault-Montagne et Dominique de Villepin. Il se rallie en 2006 aux réseaux de Nicolas Sarkozy. Il accompagne Claude Guéant lors de ses déplacements en Libye et en Algérie.

Début 2018, en même temps que Nicolas Sarkozy est mis en examen dans le cadre de l’Affaire Sarkozy-Kadhafi, Alexandre Djouhri est hospitalisé à Londres, où il a été victime d’une mystérieuse attaque cardiaque, et placé en coma artificiel.

Alexandre Benalla

Alexandre Benalla naît Maroine Benalla le 8 septembre 1991 à Évreux. Il développe très jeune un goût pour la sécurité.En 2010, il effectue une formation de gendarme réserviste opérationnel (R01) à Melun. Après une succession d’emplois dans le domaine de la sécurité rapprochée des hommes politiques en qualité de garde-corps et ou chauffeur, il atterrit dans la sphère du Parti En Marche de Emmanuel Macron alors candidat à la présidence. Et c’est à partir de là que commence véritablement sa montée en puissance médiatique avec une série d’incidents qui le mettront en lumière.

Après la victoire d’Emmanuel Macron, il intègre l’Élysée en qualité de chargé de mission dans le cabinet présidentiel, où il joue un rôle de coordination entre les différents services chargés de la sécurité du président.

Il perd son poste à l’Elysée suite à l’affaire qui porte son nom, et dans laquelle il est accusé d’avoir, lors d’une des manifestations du 1er mai 2018 à Paris, usurpé la fonction de policier, et violenté un couple de personnes, après que celles-ci ont jeté des objets contondants sur les agents d’une compagnie de CRS.

En 2018, il est révélé plusieurs rencontres d’Alexandre Benalla avec l’homme d’affaires franco-algérien Alexandre Djouhri à Londres. Par ailleurs, trois semaines avant la visite d’Emmanuel Macron au Tchad fin décembre 2018, Alexandre Benalla rencontre le frère du président tchadien, Oumar Déby, alors que la France négociait des ventes d’armes avec ce pays.

Depuis son départ de l’Élysée, Alexandre Benalla travaille avec l’homme d’affaires franco-israélien Philippe Hababou Solomon, qui exerce dans la diplomatie privée en Afrique pour le compte de gouvernements. Benalla s’est notamment rendu au Cameroun où il a rencontré le chef d’état-major et le directeur du cabinet de Paul Biya.

Jean-Charles Charki

La presse française l’affuble du sobriquet «M. Gendre», tant il doit sa renommée et son entrisme en Afrique à son beau-père, Claude Guéant, ancien bras droit de Nicolas Sarkozy aujourd’hui embourbé dans nombre d’affaires judiciaires. Voici un extrait d’article de Libération dans lequel affleure le portrait robot de Jean-Charles Charki.

 (…)En octobre 2012, il [ Jean-Claude Guéant] s’est ainsi rendu en Guinée Equatoriale avec Serge Bitboul, patron de Geci Aviation, une entreprise de transport aérien, pour l’aider à vendre des avions… Ce n’est pas le hasard qui a provoqué le voyage. Pour tenter de décrocher un contrat avec la Guinée, Geci Aviation était conseillé par le banquier d’affaires Jean-Charles Charki, fondateur de Iota et spécialisé dans le conseil financier, notamment sur le continent africain. Et Charki n’est autre que le gendre de Claude Guéant, père de ses quatre petits-enfants, et qui a installé ses bureaux dans les mêmes locaux. Michel Scarbonchi, aujourd’hui consultant, était du voyage, appelé en renfort par Charki. (…)

 Mais la fine équipe n’a pas su convaincre la Guinée d’acquérir des avions, et les projets d’investissements dans Geci Aviation sont restés lettre morte.

Déjà en octobre 2009, comme l’a révélé le Point la semaine dernière, le trio Guéant-Charki-Guinée était en place. Dans un mail publié par l’hebdomadaire, celui qui est alors le tout-puissant secrétaire général de l’Elysée n’hésite pas à adresser un mail à son «Cher Oleg», du nom du magnat russe de l’aluminium Oleg Deripaska, pour l’inviter à faire affaires avec son gendre Jean-Charles Charki. Comme le raconte le Point, Deripaska est alors en conflit avec l’Etat guinéen à propos de la plus grande usine d’aluminium d’Afrique : la Guinée lui reproche d’en avoir sous-payé l’achat trois ans auparavant et lui réclame 1 milliard de dollars. Charki a pour mission de faciliter la transaction, avec le soutien actif de son beau-père.

La vocation  d’Émir

De ce bref survol de ses intermédiaires en Afrique, il apparaît que la Françafrique a une préférence pour les Français d’origine arabe. La biographie de ces agents montrent qu’ils s’affublent volontiers de prénoms chrétiens ou que ceux-ci constituent pour eux un critère favorable de leur cooptation. Un agent soi-disant français qui travaille directement pour l’Etat français, dans l’imaginaire national, doit avoir un  prénom français pour ne pas dire chrétien. Ce type d’exigence a dû être intériorisée par les postulants au rôle d’intermédiaire qui n’en font la démarche que dès lors qu’ils s’y sentent conformes. Comme le montre les cas de Bourgi ou de Benalla, l’orientation professionnelle se fait assez tôt, car ce sont des agents qui sont appelés a blanchir sous le harnais de la Françafrique et à être en relation avec les mêmes autocrates connus pour leur longévité au pouvoir. Comme l’opinion française perçoit confusément le côté barbouze de ces agents qui sont les  exécutants des trafics illicites ou d’actions criminelles de la France en Afrique, leur part arabe sert de masque de bonne conscience pour la France. Quant aux intermédiaires eux-mêmes, sur le terrain, dans leurs rapports avec les dirigeants africains, ils en jouent. L’Arabe étant le type du blanc colonisé, ces intermédiaires passent pour proches des Africains dont  ils partageraient les stigmates historiques de la sujétion. Ce consensus frauduleux permet de cultiver des rapports de fausse confiance avec leurs victimes, les dirigeants  africains, dont la naïveté n’a d’égale que leur besoin de confidence avec une figure supposée de Blanc consort.

Aminou Balogun

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