Bénin : Les deux Mamelles du Régionalisme

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Le régionalisme – non pas  l’affirmation des valeurs culturelles et identitaires d’une région mais la politique de préférence mais aussi d’exclusion clientéliste basée sur la région – est condamnable. De ce type de régionalisme qui sévit dans les mœurs politiques de notre pays, il y a deux sortes qu’on ne doit pas renvoyer dos à dos.

Il y a le régionalisme dynamique, et le régionalisme subversif. Le régionalisme dynamique  est celui qui traduit un fait majoritaire en se situant dans la dynamique national. Dans ce cas, une région majoritaire sert de locomotive et de référence dynamique à toute la nation.

Par exemple en France la dynamique du français s’est imposée aux autres cultures et langues de France, comme le normand, le breton, le basque, le corse, etc… Au Bénin, il ne devrait y a voir rien de choquant que les Fon qui constituent l’ethnie majoritaire, portés par le Sud qui est globalement de la même extraction aja, exercent une dynamique régionaliste à vocation nationale.

Ainsi, si au Bénin, sur 100 Béninois, un régime comme celui de Talon nomme 70 citoyens du Sud contre 30 du Nord à des postes divers et variés – politique, administratif, diplomatique, technique, etc… – il exerce une préférence régionaliste dynamique en cela qu’elle est sociologiquement fondée. Vu que c’est ce rapport qui traduit l’équité sociologique ( et pas seulement démographique) au niveau national. Le nord du Bénin ayant un déficit démographique et sociologique cumulé auquel il convient de remédier, et qu’on ne doit pas masquer derrière la complaisance égalitariste erronée qui naturalise le fait qu’en toute circonstance sociologique, il y aurait autant de nordistes que de sudistes – comme dans une population humaine en général, il y a virtuellement autant d’individus du sexe masculin que du sexe féminin.

Le régionalisme subversif est le régionalisme qui, agissant selon une logique inductrice de parité, substitue le principe d’égalité au principe d’équité. Ce régionalisme fait comme si, au Bénin, il y a en toute circonstance sociologique, autant de Béninois du Sud que de Béninois du Nord. Ce régionalisme qui a eu naguère la préférence de Yayi Boni, et qui crée pour la circonstance des régions et des ethnies imaginaires, se fonde sur la naturalisation d’une égalité tout aussi imaginaire élevée subrepticement au rang de vérité nationale et politique.

Dans les deux cas, le régionalisme est une dictature régionaliste, souvent aveugle dans les nominations à la qualité réelle des hommes, sacrifiée sur l’autel de leur origine ethnique. Mais entre la dictature de la majorité qui a une vocation nationalement dynamique, et une dictature de la minorité subversive, à contre courant de la réalité sociologique, l’avantage national va au premier ; raison pour laquelle on ne saurait renvoyer dos à dos ces deux fléaux de la politique au Bénin.

Agbopanzo Balthazar

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2 commentaires

  1. Est-ce à cause du régionalisme subversif que les régimes Kerekou-Yayi ont été moins efficaces ( délestage, agonie du coton), très corrompus (sonacop, icc service, mariagleta, cen sad, machines agricole, ppea 2) et brutaux( enlèvement du préfet, disparition de Dangnivo, assasinat manqué de Assogba)

  2. Cher Monsieur Dahissiho,
    Votre question est pertinente, je vous remercie de la poser. Elle ouvre le débat sur une note qui se voulait liminaire. Elle renvoie aux conséquences logiques du régionalisme, dans la mesure où, cette culture et les pratiques qu’elle génère sacrifient la qualité sur l’autel de l’ethnie, notamment dans sa variété subversive. Tout ceci conduit inexorablement aux travers de la malgouvernance et de l’irrationalité gestionnaire et politique. Pour autant, on ne peut pas dire que ces travers soient l’apanage des seuls régimes de Kérékou et de Yayi, même s’ils sont clairement identifiables au type du régionalisme subversif. Depuis le début du renouveau démocratique, nous connaissons seulement trois présidences révolues. Si Soglo, malgré les turpitudes politiques et la gestion clanique qui caractérisèrent sa gouvernance dont le népotisme était criard, Si Soglo disons-nous garde une bonne image de gestionnaire, on ne peut pas en dire autant de Talon. D’une part, le régime de la rupture qu’il dirige est toujours en place, d’autre part, compte tenu de son origine professionnelle et surtout de ses méthodes, l’éthique de sa gouvernance – économique ou politique – préoccupe un nombre croissant de ses concitoyens. L’histoire seulement dira si oui ou non, Talon, bien que relevant le cas échéant du régionalisme dynamique, a fait preuve d’efficacité, n’a pas été à la tête d’une légion de corrompus, et que ses méthodes politiques n’ont pas un relent d’autoritarisme pour ne pas dire plus.

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