Afrique, en Attendant la Révolution :  Quand le Changement ne Change Rien

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Quand Obama voulait se faire élire, il  a promis le changement  «  The Change we can believe in ». Ce slogan a lui seul est significatif de tout le discrédit qui hante ce mot en politique. Mais il a ajouté, confiant «  Yes we can », sous entendu, «  Yes we can Change »…

Quand François Hollande en France voulait se faire élire, il a aussi promis le changement. « Le changement disait-il, c’est maintenant ».

En Occident le discours du changement essaie d’y ajouter une petite touche distinctive, qui le sauve de l’ordinaire et lui donne une certaine crédibilité, car les électeurs là-bas ont la culture du bilan. En Afrique toutefois, on ne se foule pas trop à propos du changement, le mot, ou plus précisément, la promesse se suffit à elle-même.

Quand au Bénin en 2006 Yayi Boni voulait se faire élire, il a aussi promis le changement, et rien de plus. Cette promesse est née du constat syllogistique selon lequel «  ça doit  changer, ça peut changer, ça va changer ». Et la messe est dite.

Quand au Nigeria en 2015, le pseudo-septuagénaire Buahari après avoir hanté le pouvoir présidentiel durant deux décennies, y accède enfin, c’est avec la promesse de changement, formulée par le slogan télégraphique « Muhamadu Buhari Change 2015 ». Tellement la chose allait de soi.

Quand l’homme d’affaires Patrice Talon a voulu accéder au pouvoir pour mieux s’occuper de ses affaires que ne l’a fait  son ex-ambassadeur Yayi, il prit habilement pour slogan « la Rupture ». Or le mot rupture n’est qu’un substitut opportuniste du mot changement déjà usé à la corde par son prédécesseur.

Et la liste est longue des régimes qui, comme celui de Weah l’ex-footballeur qui vient d’être élu au Libéria, accèdent au pouvoir  par la promesse du changement, érigé en mantra électoral commode.

Mais, tout compte fait, et nous espérons que l’expérience commençante de Weah le winner  sera une des rares exceptions à la règle, à l’issue de leur période d’exercice du pouvoir, la plupart du temps, la situation que ces prometteurs de changement laissent derrière eux est pire que celle qu’ils avaient trouvée !

Moralité, en Afrique, en attendant la Révolution,  la continuité vaut peut-être encore mieux que le changement…

Agbazahu Benoit

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