Publié dans Débat, Essai, Haro, Histo

Kémi Séba, Louis Hunkanrin : Histoire Parallèle de la Perfidie du Colonialisme Français

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Jour sombre pour l’Afrique ; Kémi Séba, le vaillant combattant du colonialisme crapuleux de la France, vient d’être malicieusement expulsé vers la France par les autorités  du Sénégal. Sans doute parce qu’elles feront croire au monde et à nos ancêtres que Kémi Séba est plus français que sénégalais. Malice diplomatique éhontée, digne de véritables nègres de maison, agissant sous la dictée et le diktat ignoble de leur maître séculaire, la France.  C’est la même France qui, naguère, par son acharnement médiatico-judiciaire a poussé Kémi Séba à trouver asile au Sénégal qui le fait expulser à nouveau vers son territoire. Histoire de lui mettre le grappin dessus, et de circonscrire la menace qu’il représente. A défaut de le jeter en prison au Sénégal, cette déportation en France vaut mesure de surveillance. Dans cette période où la lutte contre le terrorisme est le prétexte de tous les abus, la France compte bien utiliser tout l’arsenal de répression à sa disposition pour faire taire ceux qui comme Kémi Séba luttent contre son parti-pris colonialiste crapuleux en Afrique. C’est avec le même parti-pris crapuleux qu’elle  s’était acharnée contre Louis Hunkanrin, dont le seul tort était, non pas tant de demander l’indépendance, mais un traitement juste et humain des colonisés, inspiré par la devise qu’elle affichait au monde : fraternité, justice et égalité. Pour un Kémi Séba qui, plus que son ainé, ne demande pas moins que la mise à bas du colonialisme français à travers ses vestiges incarnés que sont le Franc CFA et la Françafrique, on imagine que la répression et l’acharnement seront encore plus implacables, à défaut d’être plus inhumains.

Sans assimiler les affres carcérales et la longue nuit de détention de celui qui fut le Nelson Mandela avant l’heure du Dahomey, à l’acharnement politico-judiciaire, dont fait l’objet Kémi Séba, et toutes proportions gardées, on peut voir un parallèle dans la méthode de répression française contre les combattants Africains de la liberté, ses empêcheurs de coloniser en rond. En tout cas, mutatis mutandis, entre Louis Hunkanrin et Kémi Séba, s’établit comme une résonance dans l’acharnement colonial de la France contre l’Afrique et ses plus dignes résistants.

Jugez-en vous même


  1. Louis Hunkanrin

Originaire du Dahomey (actuel Bénin), Louis Hunkanrin (1886-1964) fait partie de la première promotion de l’Ecole normale de Saint-Louis du Sénégal qui en sort en 1907.

Révoqué de l’enseignement en 1910, il est condamné à deux reprises pour ses activités journalistiques (1911 et 1912) et placé en résidence obligatoire à Dakar. Il devient journaliste, collaborant régulièrement à La Dépêche coloniale et, surtout, à La démocratie du Sénégal de Blaise Diagne dont il devient l’un des proches.

En 1914, Louis Hunkanrin revient au Dahomey où il fonde une section de la Ligue des droits de l’homme, mais il est de nouveau condamné à de la prison pour ses écrits dakarois. Toutefois, à la demande de Blaise Diagne, il se fait l’avocat d’une participation effective du Dahomey au premier conflit mondial.

Poursuivant son action militante, il participe à la rédaction du Récadère de Béhanzin (1917), puis s’installe à Paris où il fonde Le Messager dahoméen (1920) avec l’avocat antillais Max Clainville Bloncourt (qui anime à partir de 1922 l’organe de presse de l’Union Intercolonial, Le Paria, fondé par Nguyên Ai Quôc, le futur Hô Chi Minh).

La participation active de Louis Hunkanrin aux « Evénements de Porto-Novo » de février 1923 le consacre comme meneur auprès de l’administration coloniale française qui le condamne à dix ans d’internement administratif en Mauritanie. De retour au Dahomey, il écrit dans La Voix du Dahomey et est condamné à une amende à l’issue du procès contre le journal en mai 1936.

« …Accusé par les autorités vichystes « d’espionnage au compte de l’Angleterre », il est arrêté le 1er janvier 1941, emprisonné à Cotonou, embarqué pour Dakar en septembre, jugé et condamné à mort. Sa peine annulée, il est néanmoins astreint à la réclusion au Soudan français. Il est libéré le 15 décembre 1947 et rentre au Dahomey.  Après-guerre, Louis Hunkanrin ne participe pas à la vie politique dahoméenne de l’après Seconde Guerre mondiale, bien que son fils Gutenberg dirige brièvement (1948-1950) la section dahoméenne du Rassemblement démocratique africain (RDA).

Louis Hunkanrin meurt en 1964, quatre ans après l’indépendance formelle du Dahomey.


2. Kémi Séba : Acharnement judiciaire du Sénégal
1. Kémi Séba,  a été arrêté le 25 août 2017 à Dakar, suite à une plainte de la Banque centrale des États d’Afrique de l’Ouest (BCEAO), et placé sous mandat de dépôt à la prison de Rebeuss, à Dakar. Il a été relaxé par le tribunal le 29 août 2017.
2. Coup de théâtre Kémi Séba est arrêté derechef par les autorités sénégalaises, comme le dit son avocat, dans des conditions surréalistes, et déporté en France

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3. Kémi Séba ; Acharnement politico-judiciaire de la France
En septembre 2005, à la suite de certaines de ses prises de positions médiatiques, il est mis en examen à la suite d’une plainte de Patrick Karam, originaire du Liban, qu’il aurait stigmatisé comme un « blanc », à la tête du collectif antillais DOM montré comme « majoritairement noir ». Dieudonné, qui, jusque-là, mettait son théâtre parisien du passage de la Main d’Or à sa disposition pour l’organisation de meetings, prend officiellement ses distances avec lui pour avoir organisé des réunions dans lesquelles il interdisait l’entrée aux non-noirs.
Le 8 février 2007, il tient une conférence à Chartres, où des policiers dépêchés sur place en raison d’un « trouble à l’ordre public » auraient été traités de « policiers sionistes à la solde d’un gouvernement sioniste ». Arrêté pour violences et menaces, Kémi Séba a été condamné en comparution immédiate et immédiatement incarcéré. En appel, le 3 mai à Chartres, Kémi Séba revendique ses propos, et précise qu’être antisioniste ne fait pas de soi un antisémite argumentant que dans ce cas tous les anticommunistes seraient de facto « antirusses ». Le verdict prononcé le 28 juin 2007 par le tribunal correctionnel de Chartres le condamne à 6 mois de prison avec sursis, 1 500 € d’amende et 1 000 € de dommages-intérêts à la LICRA, le procureur ayant demandé 6 mois de prison ferme et 10 000 euros d’amende. Son porte-parole national, Héry Djéhuty Séchat de son vrai nom Cyrille Kamdem, a été condamné à 3 mois de prison avec sursis et 750 € d’amende, ainsi que 1 000 € de dommages-intérêts à la Licra.
Le 30 novembre 2007, il a été condamné en première instance à un mois de prison ferme, à deux ans d’inéligibilité et à des dommages-intérêts par le tribunal correctionnel de Paris pour la diffusion sur site Internet de propos antisémites et négationnistes en août 2006. Kémi Séba a fait appel et devrait donc pouvoir se présenter aux élections municipales, l’appel étant suspensif.
Jugé pour avoir reconstitué sous le nom de « Génération Kémi Séba » la Tribu Ka dissoute, Kémi Séba a été jugé le 20 février 2008. Le 1er avril, il a été condamné à six mois de prison, dont deux fermes, ainsi qu’à un an de privation de droits civiques, civils et de famille. Il a annoncé son intention de faire appel. L’appel a été renvoyé au 3 octobre 2008 par la cour d’appel de Paris.
à propos de ces procès, il déclare : « Les procès sont la preuve, pour la rue, pour les nôtres, qu’on s’attaque au système. Plus ils nous attaquent, mieux c’est. »
à la suite de la diffusion sur son site web d’une vidéo appelée « nuits de l’anti-impérialisme » considéré par l’UEJF comme un « appel au meurtre dirigé contre les juifs » et qualifié par le ministère public d’incitation à la haine raciale, l’UEJF et l’association « J’accuse », soutenues par SOS Racisme et le MRAP, attaquent Kémi Séba en justice pour faire interdire son site, mais le juge des référés s’estime non compétent pour en ordonner le retrait.
Le 19 décembre 2008, Kémi Séba est placé en garde à vue dans le cadre de l’agression dont a été victime Ahmed Meguini, un vidéaste qui avait réalisé un « film très critique sur lui ». Le 22 décembre 2008, il est condamné par le tribunal correctionnel de Paris à deux mois d’emprisonnement avec sursis assortis d’une mise à l’épreuve de 18 mois.
Le 15 juillet 2009, l’organisation de jeunesse « Jeunesse Kémi Séba » est dissoute par decret, sur proposition du ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux, en application de la loi du 10 janvier 1936 sur les groupes de combat et milices privées, l’accusant de « propager une idéologie raciste et antisémite » et de « se livrer à des actes intolérables de provocation et de violence ».

Décret du 28 juillet 2006 portant dissolution d’un groupement de fait

Le Président de la République,
Sur le rapport du Premier ministre et du ministre d’Etat, ministre de l’intérieur et de l’aménagement du territoire,
Vu la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales, notamment son article 10 ;
Vu la loi du 10 janvier 1936 modifiée sur les groupes de combat et milices privées, notamment son article 1er (6°) ;
Vu la loi n° 79-587 du 11 juillet 1979 relative à la motivation des actes administratifs et à l’amélioration des relations entre l’administration et le public, notamment ses articles 1er et 3 ;
Vu la loi n° 2000-321 du 12 avril 2000 relative aux droits des citoyens dans leurs relations avec les administrations, notamment son article 24 ;
Vu le courrier en date du 3 juillet 2006, notifié par voie administrative le même jour à 13 h 30, par lequel M. Capo Chichi, responsable du groupement, d’une part a été informé de l’intention du Gouvernement de procéder à la dissolution du groupement de fait « Tribu Ka », d’autre part a été invité à présenter des observations dans un délai de dix jours à compter de cette notification ;
Vu les observations transmises, en réponse, par le groupement de fait « Tribu Ka », reçues le 17 juillet 2006 ;
Considérant que l’article 1er (6°) de la loi du 10 janvier 1936 relative aux groupes de combat et milices privées dispose que seront dissous toutes les associations ou groupements de fait qui « soit provoqueraient à la discrimination, à la haine ou à la violence envers une personne ou un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée, soit propageraient des idées ou théories tendant à justifier ou encourager cette discrimination, cette haine ou cette violence » ;
Considérant que le groupement de fait « Tribu Ka », à travers ses communiqués de presse, les publications sur son site internet et les déclarations de ses responsables, se livre à la propagation d’idées et de théories tendant à justifier et à encourager la discrimination, la haine et la violence raciales, notamment à l’encontre des personnes qui ne sont pas de couleur noire ; qu’il prône également l’antisémitisme et qu’il a organisé des actions menaçantes à l’égard de personnes de confession juive ;
Considérant que, pour des raisons inhérentes aux nécessités de l’ordre public, il convient de réprimer les manifestations d’une idéologie raciste et discriminatoire, ainsi que tout encouragement à l’antisémitisme ;
Considérant qu’en conséquence il y a lieu de prononcer la dissolution du groupement de fait « Tribu Ka » ;
Le conseil des ministres entendu,
Décrète :

Article 1

Est dissous le groupement de fait dénommé « Tribu Ka ».

Article 2

Le Premier ministre et le ministre d’Etat, ministre de l’intérieur et de l’aménagement du territoire, sont responsables, chacun en ce qui le concerne, de l’application du présent décret, qui sera publié au Journal officiel de la République française.

Fait à Paris, le 28 juillet 2006.

Jacques Chirac

Par le Président de la République :

Le Premier ministre,

Dominique de Villepin

Le ministre d’Etat, ministre de l’intérieur et de l’aménagement du territoire,

Nicolas Sarkozy


Après avoir échoué à le faire condamner par la justice au Sénégal, le pouvoir de Maky Sall, vient de faire ce sale coup à son pays, en expulsant Kémi Séba en France. Quelle honte pour lui ! Honte pour le Sénégal qui par son geste infâme rappelle la longue tradition de chiens couchants de la France de ses soi-disant dirigeants, avant, pendant, et après la colonisation. Mais le vaillant peuple africain du Sénégal, ainsi que l’Afrique toute entière, ne baissera pas les bras devant cette infamie considérable d’un pouvoir aux ordres, ennemi de l’Afrique et du peuple sénégalais.

Vive l’Afrique unie !

Vive la Fraternité Africaine

Mort aux Colonialistes et à leurs valets africains

La lutte continue

Bassey Abdallah

Affaire Kémi SEBA – Sondage

Arrestation de Kémi Seba, le Troublant Bémol de B. Koovi sur la sortie du CFA

L’Heure de Nous-Mêmes : Kémi se Bat à Juste Droit Contre le Viol de l’Afrique

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