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« Situtu » : Togo et Bénin unis en Libation

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En prélude à la cérémonie de la prise de la pierre sacrée à Glidji Kpodji (Aného) annonçant la 355e édition de la fête de Yêkê-Yêkê, Agoué-Adjigo a été dimanche 27 août dernier le théâtre de « Situtu » (cérémonie de purification à l’eau bénite par les prêtres des religions endogènes Guin et Mina du Togo et du Bénin). C’était au quartier Zokicomey, sous le parrainage de Marcel Ayité Baglo, directeur général de l’Agence béninoise de gestion intégrée des espaces frontaliers (Abégief).

De Ayélécomey à Zokicomey, le chemin n’aura pas été trop long pour la procession de la douzaine de Guinyèhouessi (adeptes des diverses divinités guin et mina). Lesquelles étaient tout de blanc drapées, dont quatre auront eu l’honneur de transporter dans des petits canaris en terre cuite et dans une bassine les feuilles vertueuses et autres ingrédients pour l’ablution. Elles étaient accueillies sur la place de Zokicomey avec des panégyriques claniques notamment d’Adjigo, la divinité centrale d’Agoué fondée par Comlangan en février 1821.
Inédite, cette édition de Situtu bilatéral (Togo-Bénin) qui se veut une fraternisation a rassemblé des adeptes des divinités Adjigo, Lankpan, Kpessou, Sakuman, Gniblin, Klanhoun, Dan et autres venus de Zowla, d’Aklakou, d’Anfoin, d’Agbodranfo, de Glidji (Togo) et de la commune de Grand-Popo. Aux intenses instants de recueillements savamment conduits par les hauts dignitaires des couvents desdites divinités, a succédé l’intervention appréciée du directeur général de l’Agence béninoise de gestion intégrée des espaces frontaliers, Marcel Ayité Baglo.
« Avant l’arrivée des colons, il n’y avait pas de frontière. Les espaces étaient communs et nul ne pouvait distinguer un Béninois d’un Togolais », lance-t-il en langue mina, sous les ovations du public ainsi replongé dans son histoire précoloniale. Pour lui, une telle cérémonie bilatérale de Situtu doit être une occasion de communion entre les peuples Guin et Mina du Togo et du Bénin qui ont les mêmes cultes et cultures, véritable ciment de leur civilisation commune.
Et que vient chercher alors une Agence de gestion des espaces intégrés dans les cérémonies cultuelles? Sans ambages, Marcel Ayité Baglo répond qu’on ne peut gérer des espaces frontaliers et les intégrer véritablement que si les communautés, surtout de mêmes obédiences cultuelles sont unies et communient.

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