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Nigeria : Micmac Autour de la Santé Chancelante du Président Buhari

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Selon le journal en ligne Sahara Reporters, la santé du président Buhari est en dégradation accélérée. Mais une cabale de son entourage empêche son évacuation sanitaire programmée. Cette tourbe infecte n’a qu’un but, continuer d’abuser du pouvoir que lui permet la passivité d’un président égrotant, à la place duquel elle prend décision et opère toutes sortes de nominations complaisantes  qui portent sa signature sans que sa volonté soit engagée ou effective. De plus, il y a à l’œuvre la hantise des clivages qui traversent la société nigériane, que ce soit le clivage Nord/Sud, ou le clivage religieux musulmans/chrétiens.

La dernière fois que Buhari a été évacué en Grande Bretagne c’est son vice président Yèmi Osinbajo qui a assumé la Présidence. Et bien qu’il ait été félicité pour son leadership par une majorité de ses concitoyens, cela a attiré la méfiance parmi le cercle nordiste qui manœuvre dans l’entourage du président.

Mais l’égoïsme de cette cabale prêterait à sourire si la situation n’était doublement grave : grave pour l’état de santé du président empêché d’aller se faire soigner comme cela se doit. Bien que la présidence se refuse à dire la vérité sur l’état de santé de Buhari et agir dans la transparence sur ce sujet, comme l’y a invité récemment M. Wole Soyinka, des sources bien informées disent que le président souffre au moins de deux pathologies que ne favorise pas son âge avancé, bien supérieur au 74 ans officiel. Il s’agit d’un cancer de la prostate et de la maladie de Crohn. Cette dernière maladie empêcherait le président de s’alimenter. Aux dernières nouvelles, le président Buhari serait confiné dans une salle médicale aménagée au Palais d’Aso Rock où il serait alimenté sous perfusion. C’est la raison pour laquelle, il a été invisible  ces deux dernières semaines sur la scène politique : que ce soit au conseil des ministres où il a été représenté par le vice président Osinbajo, ou à la traditionnelle séance de prières musulmanes qui a lieu à l’intérieur du palais. De même le président a été absent à la cérémonie de mariage de l’un de ces collaborateurs en vue, Tunde « Idiagbon » Sabiu à Kaduna. Le mariage, auquel ont participé les grands noms de la société politique  nigériane, s’est révélé  un haut lieu de jeu de pouvoir politique, où l’absence de Buhari  est apparue comme révélatrice de ses difficultés de santé.

Cette prise en otage du Président qui empêche son traitement médical dans de bonnes conditions — quoiqu’une équipe médicale britannique invitée à son chevet conseille vivement son évacuation sanitaire — est grosse de risques de crise politique pour le Nigeria. Mais les vautours qui entourent le président Buhari, dans leurs calculs machiavéliques à courte vue, préfèrent encore la crise à l’inquiétude de voir leur pouvoirs abusifs leur échapper.

Akinola Bidemi

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