Publié dans Essai, Haro

Bénin : Angoisse de Mort sous Talon, ou le Refoulé de l’Affaire D’empoisonnement

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De plus en plus d’opposants vocaux de Talon parlent à son sujet de l’éventualité de menace de violence personnelle, voire de mort — économique, sociale et/ou biologique — qu’ils pourraient encourir de par leur position critique.

Cela a d’abord été le cas de Martin Rodriguez dans une interview qu’il fit entre les deux tours de l’élection de Talon.

De même, lors de sa dernière sortie télévisuelle, Sébastien Ajavon après avoir critiqué la gouvernance de Talon et annoncé son intention de devenir un homme politique à part entière, a pris à témoin l’opinion sur sa sécurité, en disant que s’il était touché à un seul de ses cheveux le peuple saurait qui en serait le responsable.

Enfin, dans un document audio circulant sur les réseaux sociaux, un candidat malheureux  à l‘élection, le Dr Bertin Koovi qui multiplie des analyses critiques assez pertinentes sur le régime de Talon et son inquiétante gouvernance, dit n’avoir pas peur de la mort, car dit-il, il serait déjà mort une fois. En somme, il parodie l’adage, cher à Yayi, du cabri mort qui n’aurait plus peur du couteau.

Donc, les hommes politiques qui s’opposent au Président Talon, démocratiquement élu, des citoyens qui font leur travail d’opposants pour la bonne santé de la démocratie et dans l’intérêt du pays, n’écartent pas l’hypothèse d’être l’objet d’une violence sur leurs affaires et leur personne voire même de la plus suprême des violences, la mort.

Ce sentiment, qui n’est ni illusoire ni des paroles en l’air fait froid dans le dos. Il témoigne de la potentialité de barbarie encore à l’œuvre dans les limbes de notre société politique.  Signe du mépris de la civilité démocratique, il est la la preuve que nous vivons encore à l’heure du far west et valorisons l’éthique du western.

Rétrospectivement, ce sentiment nous conduit sur les plages mouvementées de l’océan de conflits et de polémiques qui, naguère, opposa Yayi Boni à Talon, et où il était question d’empoisonnement… Il prouve que les hommes politiques qui expriment ainsi leur inquiétude, fût-ce à titre préventif, n’ont pas pris les graves accusations de Yayi pour un simple délire  associatif à l’état pur.

Agbopanzo Balthazar

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