Publié dans Essai, Haro

Bénin : Quand la Peur d’Ajavon Pousse Talon à Fumer le Calumet de la Paix avec Rodriguez

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Pour ne pas justifier à la perfection les critiques sur sa haine présumée de ses émules milliardaires et au contraire les démentir autant que faire se peut, Talon a eu beau jeu d’arranger une rencontre laborieuse entre lui et l’homme d’affaire Martin Rodriguez. Et pourtant les deux hommes étaient en conflit sérieux. Talon n’est pas étranger au long martyr de Martin Rodriguez, à son exil même proclamé volontaire. Il a ferraillé dur contre lui, dans une lutte implacable et sans merci. Dans le bateau du coton, il ne saurait y avoir deux capitaines, et Talon n’a eu de cesse d’imposer sa loi. Martin Rodriguez incontinent s’est incliné. Lui qui, en matière d’opposition au régime de Talon qu’il dénonçait véhémentement avant même son avènement, s’est plus payé de mots que d’actions concrètes.

A en croire les deux larrons, la paix est plus douce que la guerre ; plus juteuse, à coup sûr ! La panse sans pensée de ces messieurs est bien plus importante que tout, et le peuple qu’ils invoquent dans leurs déboires ou leurs luttes d’intérêt personnel n’est qu’un subtil prétexte, un kleenex politique opportuniste qu’ils jettent au premier  raccourci d’entente entre gentlemen farceurs…

Pour Talon, la fin justifie les moyens. Et tous les moyens sont bons, pourvu qu’ils permettent d’atteindre la fin. Rien n’est plus terrible en politique que la solitude. Lui qui a plus d’une chose à se faire reprocher, ou pour le dire avec euphémisme, lui qui n’est pas au-dessus de tout soupçon, sait mieux que quiconque qu’on ne peut jouer à être seul contre tous tout le temps. Même si on est Président de la République. Les ambitions politiques de Sébastien Ajavon, ouvertement claironnées par ce dernier, et l’échec cuisant de la saga de la révision  de la constitution, tout cela a fait voir à Talon le nez au milieu de la figure ; ils lui inspirent la peur du jugement politique…

Aussi pour s’en protéger le président Talon élargit-il la base de ses ententes politiques, ouvre large le camp des milliardaires à ceux qui naguère y étaient proscrits ou déclarés persona non gratta. Talon bat le rappel des troupes du monde des affaires, le ban et l’arrière ban des milliardaires qu’il avait naguère combattus. Tout cela parce que le ciel politique est chargé d’un lourd nuage, qui menace d’éclater en orage le moment venu.

Car si la fibre politique de Martin Rodriguez est sujette à caution —  l’homme ressemble à un réacteur politique plus préoccupé de ses intérêts financiers qu’autre chose –celle de Sébastien Ajavon, loin de faire l’ombre du moindre doute au sein de l’opinion, au contraire y fait mouche.

Et Talon ne redoute rien tant que d’avoir à rendre des comptes. C’est pour cela qu’il a voulu façonner une constitution pour protéger ses arrières et s’assurer une immunité en béton, pour les siècles des siècles. Et patatras, la manœuvre a échoué ! Du coup, la question  de sa responsabilité à terme reste ouverte. Aussi pour échapper à ce devoir éthique, Talon fait-il flèche de tout bois. Aujourd’hui, il accueille à bras ouverts Martin Rodriguez un rival évincé à coup de décrets et de menaces politiques. Bientôt, il embrassera Lionel Zinsou naguère présenté comme néo-gouverneur de la recolonisation du Bénin, le nommera Ministre ou pourquoi pas Premier Ministre au mépris de la constitution. Et comme dans le cas de Martin Rodriguez avec lequel il vient de fumer le calumet de la paix, tous ceux qui avaient cru à l’irréductibilité de leur affrontement en auront pour leur frais.

Pour les hommes d’affaires, les querelles politiques ne sont que des moyens, elles passent et ne restent que l’essentiel : les intérêts personnels.

Agbopanzo Balthazar

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2 commentaires sur « Bénin : Quand la Peur d’Ajavon Pousse Talon à Fumer le Calumet de la Paix avec Rodriguez »

  1. Bravo, Kpanlingan le véritable griot du peuple béninois qui reste le seul perdant dans la gouvernance de son pays!!!

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