Publié dans Essai, Haro

Afrique, Triste Matrice de Zombis.

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Ce qui est affligeant dans l’état d’esprit social et le niveau de conscience de soi en Afrique — et en l’occurrence, pour le Béninois que nous sommes, au Bénin — c’est que même les députés, qui sont représentants de localités où les gens ne savent rien de la langue coloniale arbitrairement imposée et débilement acceptée, ne disent mot de cet aspect de l’intérêt symbolique de  leurs électeurs, aspect touchant à la mise en adéquation de l’expression avec la langue qui la véhicule.

De pauvres villageois au Bénin, qui parlent le holli, le yoruba, le mahi, le tchabè, le , le bariba, le dendi, le  ditamari, le goun, le aja, le fon, le mina, etc., élisent des députés pour parler en leur nom ; or ceux-ci, au lieu de parler la langue de chez eux, dans une violence symbolique anachronique, parlent dans la langue du colon, une langue violemment étrangère, adossée à une culture violemment étrangère à ceux au nom desquels ces soi-disant parlementaires prétendent parler ; une culture qui plus est prédatrice aux dépens de ceux qu’ils sont censés représenter.

Cette aberration inouïe, ce haut niveau d’inconscience de soi et de son être-là, ce masochisme existentiel infantile, qui est la manifestation affligeante d’une aliénation historiquement acquise, ne peut se rencontrer que dans une  âme de zombi, comme l’Afrique seule sait en être la triste matrice.

Bidosεsi Albert

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