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Nigeria/Bénin : Deux Femmes-Dieu et la Question du Copyright

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Le Nigeria est, pour ceux qui en doutent encore, un pays vraiment frère et voisin du Bénin ; et les mœurs se font écho d’une société à l’autre, de part et d’autre de nos frontières.

Ainsi ce qui se vit au Bénin se ressent de l’autre côté de la frontière et finit par faire des émules. Notamment dans le domaine des croyances et de la foi. Si la vague des télé-évangélistes nous est venue du Nigeria, avec ses pasteurs beaux parleurs, qui hurlent dans les micros, et parlent en binôme — l’un dans la langue du colon l’autre  traduisant simultanément dans une langue locale — le Bénin n’est pas non plus en reste dans l’influence religieuse de son grand voisin.

Ainsi le Christianisme céleste, œuvre du Béninois Samuel Biléou Oshoffa, né au Bénin a conquis des millions d’âme au Nigeria où ses églises, surtout dans les États du sud-ouest yoruba, sont dans tous les hameaux, quartiers et aux coins de toutes les rues.

Dans le même ordre d’idée, au Bénin tout le monde a entendu parler de Parfaite de Banamè, une jeune femme née Vicentia Tadagbé Tchranvoun-Kinni, devenue instigatrice d’une secte catholique à la théâtralité déconcertante et dont les agissements agitent régulièrement l’opinion depuis quelques années. Vicentia Tadagbé est un cas  typique de sublimation du délire schizophrénique que les circonstances ont transformé en une secte active. La secte de Banamè aujourd’hui  fait parler d’elle par la  fascination et l’autorité qu’exerce sa créatrice sur ses fidèles, par l’agressivité polémiste de ses propos et la violence qui en découle. Vicentia Tadagbé que ses camarades de classe décrivent comme une collégienne timide et valétudinaire,  a connu une métamorphose après un épisode de convulsions et est devenue une personne autoritaire, et agressive, qui n’a pas sa langue dans sa poche.

Mais ne croyons pas que  notre Daagbo  nationale a le monopole encore moins la primauté de sa posture divine, encore moins de son parcours pathologique. Au Nigeria, une femme yoruba qui aujourd’hui a au moins l’âge de la mère de Parfaite de Banamè, bien avant la naissance de celle-ci, s’est proclamée Dieu. On l’appelle Malaïka Agba, ce qui est presque synonyme de Daagbo.  Malaïka Agba sévit dans la zone de Mushin à Lagos. Elle a connu son apogée au début des années 2000 au moment où notre Daagbo nationale était encore une gamine. Mais hormis le décalage chronologique, les caractères et les personnalités se ressemblent comme deux gouttes d’eau. Malaïka Agba est une personne autoritaire, qui brime ses fidèles, elle n’a pas sa langue sans sa poche, et la violence est un élément caractéristique de sa secte. En 2004, Malaïka Agba a été au centre d’une affaire de meurtre, à la suite du décès d’une de ses fidèles à qui elle aurait injectée un produit soi-disant de purification. Cette pratique de purification fait partie des trouvailles divines avec lesquelles Malaïka Agba contrôle et sanctionne ses fidèles.  Incarcérée pendant quelques mois dans le cadre de l’enquête, elle a fini par être relâchée pour des raisons politiques, compte tenu de la mobilisation de ses nombreux fidèles.

Cet épisode n’est pas sans rappeler l’affaire de prière à la bougie toxique, qui a décimé certains fidèles de l’église de Banamè de la région de Porto-novo, et la ressemblance entre ces deux femmes-Dieu se poursuit jusque dans ses confins sordides de l’impunité dont elles jouissent dans un État de droit.

Les Béninois qui comprennent yoruba peuvent découvrir dans le document qui suit, à quel point la ressemblance entre les deux femmes-Dieu est frappante. A tel point qu’on se demande si la béninoise n’est pas la copie de la nigériane, ce qui poserait un problème de copyright.

Bánúsó̩ Akande

Daagbo et Malaïka Deux Affabulatrices Culottées : Démonstration par a+b

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