Publié dans Essai, Haro

Au Bénin, Comme au Rwanda, Notre Langue est Notre Matière Première

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L’Assemblée nationale rwandaise a adopté ce mercredi 8 février une loi visant à faire du swahili la quatrième langue officielle du pays, au même titre que le kinyarwanda,  l’anglais et le français qui, depuis le génocide, perd du terrain au profit de l’anglais.

Certes, il s’agit pour Kigali d’honorer un des engagements pris lors de son entrée en 2007 au sein de la Communauté d’Afrique de l’Est ; une organisation dont les trois pays fondateurs – Kenya, Ouganda et Tanzanie – utilisent le swahili comme langue officielle avec l’anglais. Mais la décision prend en compte  aussi l’usage extensive du swahili par les Rwandais.

Quand on voit les pas intègres et sensés que fait le Rwanda dans la bonne direction de sa libération mentale et économique, on se dit voilà un pays modèle pour toute l’Afrique, un pays où enfin l’Afrique pense et ne se laisse pas étouffer par la pensée prêt-à-porter des autres. De fait, le Président Talon, qui se veut très africain dans la pratique ne s’y est pas trompé, qui a, dès l’entame de son mandat, pris langue avec son homologue rwandais et initié une relation d’amitié et d’échange avec le Rwanda promise à un bel avenir. L’influence rwandaise sur les orientations politiques au Bénin est une réalité. On sait que la volonté du Régime actuel de libérer l’étau d’anarchie qui enserre nos villes prises d’assaut pas un débordement des activités privées dans l’espace public, si elle n’a pas germé dans la tête de Talon à Kigali y a été renforcée par l’ordre et la beauté qui y règnent et dont le président béninois a été lui-même témoin oculaire lors de sa visite au Rwanda.

Alors si Talon a imité le Rwanda dans la rupture avec le débordement des activités privées sur l’espace public, en vue d’embellir nos villes,  que ne prend-il au sérieux  l’usage concret de nos langues nationales comme vient de le faire le Rwanda ? Pourquoi le PAG mise en scène à grand renfort de publicité reste-t-il muet sur ce point  fondamental ? Pendant combien de temps le désordre de la langue étrangère débordera sur l’espace intime de l’esprit de nos jeunes têtes crépues ?  Rompre, n’est-ce pas aussi, n’est-ce pas surtout rompre avec l’aliénation culturelle et symbolique ? Ce que le Rwanda a fait de bon dans le domaine de la libération intérieure de ses citoyens, à commencer par les plus jeunes, sans avoir peur des Blancs, le Bénin peut le faire. La langue est une chose trop sérieuse pour que nous la jetions au chat. Au Bénin, comme au Rwanda, notre langue est notre matière première. Talon doit urgemment prendre en compte cette vérité et la servir ou alors cesser de nous parler de rupture.

Athanase  Busingye

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