Publié dans Débat, Editorial, nigeria

Débat : Ce Nigeria que nous ne Découvrons qu’en Temps de Crise

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La crise économique et sociale qui frappe le Nigeria et dont le signe le plus actuel est la récession, a des répercussions sur le Bénin. C’est un truisme de dire que l’économie de notre pays est intimement liée à celle de notre grand voisin. Mais cette liaison pêche par la trop grande part qui y prennent l’informel et les trafics illicites. Lorsque la situation devient difficile, la fraternité devient le cadet des soucis du frère ainé. Le sauve qui peut prend le dessus. C’est ce qu’on observe actuellement.  Le Nigeria est en train de prendre des mesures qui, comme l’interdiction de la réexportation des voitures d’occasion décrétée de façon unilatérale, ne seront pas sans conséquence sur l’économie béninoise.

D’une manière générale, pour pouvoir tirer partie de l’existence du Nigeria comme un grand marché à quelques encablures de nos frontières, nous devons bien connaître ce pays, sortir de l’ignorance paresseuse que nous entretenons dans nos rapports avec lui, en raison principalement de leur histoire anglophone séparée. Nous devons avoir une connaissance approfondie de son économie, de sa politique et de sa société. Cette connaissance nous permettra, le cas échéant, d’anticiper sur les mesures complémentaires indispensables que nous devrons prendre pour tirer partie du marché nigérian. Comme le disait le général De Gaule à propos de l’Europe, en stigmatisant le verbiage incantatoire de ceux qui se contentent de dire Europe Europe en gardant les bras croisés, il faut beaucoup plus que des lieux communs convenus sur le Nigeria, son grand marché, ses deux cents millions d’habitants, et notre providentielle proximité géographique et culturelle pour nous en sortir. Beaucoup de choses sont à formaliser et à structurer pour que le Bénin puisse tirer le meilleur de notre proximité avec le Nigeria.

Or pour structurer et organiser nos rapports avec lui, il faut donner du contenu à notre regard sur notre grand voisin. Ainsi,  entre autres choses,  sur le plan de la connaissance du Nigeria, un effort sérieux doit être fait au niveau des médias et des pouvoirs publics.  C’est tout de même atterrant et triste que toutes, quasiment toutes les informations qui nous viennent du Nigeria proviennent de sources diffusées par les agences de presses occidentales ( AFP, Reuters, BBC, RFI, etc…) Si bien que lorsque ces informations n’intéressent pas les Occidentaux, elles passent souvent à la trappe alors qu’elles  sont importantes pour nous. Certes, que ce soit sur ce sujet précis de nos rapports avec le Nigeria comme sur d’autres, nous ne pouvons pas vraiment avancer si nous nous enfermons dans notre paresse congénitale et atavique, les yeux rivés sur nos lauriers de quartier latin de l’Afrique, qui ne servent qu’à nous masturber, et à nous bercer d’illusions.

La preuve de ce triste constat est que la réflexion intellectuelle très urgente sur nos rapports avec le Nigeria qui aurait dû être prise à bras le corps par nos sociologues, nos économistes et nos historiens dont nous avons la faiblesse de supposer que les nombreuses universités du quartier latin de l’Afrique regorgent, eh bien cette réflexion est proposée par un institut européen — allemand en l’occurrence sise à Cotonou. En principe, ce que les Occidentaux ou les étrangers veulent bien penser de ( ou organiser sur)  nos conditions d’existence ne devrait être considéré par nous qu’à titre consultatif. Mais malheureusement, dans le contexte de notre indigence monumentale,  l’accident de la réflexion sur nous-mêmes devient l’essence. En effet, force est de constater qu’organiser nous-mêmes des réflexions sur les sujets cruciaux de notre devenir est loin d’être notre tasse de thé, dans un pays où, pourtant, on peut facilement compter près de quarante candidats à l’élection présidentielle !

Certes on ne sent l’utilité des fesses que quand vient le moment de s’asseoir, dit le proverbe. Mais en l’occurrence, quelle idiotie d’en oublier jusqu’à l’existence de ces grosses fesses qu’est le Nigeria, lorsque les temps étaient fastes !

Bref, trêve de critique ! Une réflexion inaugurale sur nos rapports avec le Nigeria est proposée ici par la  Fondation Friedrich-Ebert-Stiftung, et on ne va pas cracher là-dessus, car elle vaut le détour…

Lisez plutôt


Crise économique au Nigeria et implications de gouvernance au Bénin: Des propositions de mesures pour sauvegarder l’économie béninoise

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La dixième soirée politique de la Fondation Friedrich Ebert a été consacrée mardi 6 décembre dernier au thème « Conjoncture économique au Nigeria et implications de gouvernance pour le Bénin ». Animée par la journaliste Djamila Idrissou Souler, le débat a permis à quatre experts invités et au public de donner leurs opinions sur le sujet avant de faire des propositions de mesures pour que le Bénin tire son épingle de la crise.

«Les relations économiques entre le Bénin et le Nigeria ne sont pas une affaire de sentiment, mais une exigence d’existence ». Cette conclusion du professeur John Igué à la dixième soirée politique de la Fondation Friedrich Ebert mardi dernier amène à réfléchir profondément sur les mesures à prendre par le Bénin pour sauver son économie vis-à-vis du Nigeria qui connaît depuis un moment une crise économique.

Pour planter le décor du débat, mardi dernier, autour du thème « Conjoncture économique au Nigeria et implications de gouvernance pour le Bénin», le professeur John Igué, ancien ministre de l’Industrie et des Petites et Moyennes entreprises, a rappelé que c’est depuis 1990 qu’il a donné l’alerte avec son livre « Le Bénin : l’Etat entrepôt ». Ce qui n’avait intéressé personne.
La crise qui secoue le Nigeria aujourd’hui, selon John Igué, a trois raisons fondamentales. D’abord, sur le plan mondial, il estime que le pétrole est en train de connaître une chute. Le Nigeria, estime-t-il, a désorganisé sa production dans les années 1969 à 1973 avec le pétrole. La deuxième raison est liée à la crise induite par la secte Boko Haram et la situation dans le Lac Tchad et le delta du Niger. La troisième raison évoquée par l’ancien ministre de l’Industrie et des PME a rapport avec les premiers signes du président Muhammadu Buhari après son arrivée au pouvoir dans sa lutte contre la corruption. Ces signes ajoutés à la dévaluation du naïra qui est la conséquence de la récession des réserves de changes ont plombé le Nigeria dans la crise actuelle. Et face à la situation, le professeur John Igué estime que l’avenir n’est pas radieux.
Dans la même logique que John Igué, l’ancien ambassadeur du Bénin près le Nigeria Mouftaou Lalèyè estime que le géant de l’Afrique de l’Ouest vit les limites de son contrôle monétaire. Pour lui, les Nigérians n’avaient pas perçu très tôt ce qui leur est arrivé aujourd’hui. Ils comptaient trop sur le pétrole en négligeant les autres secteurs d’activités créateurs de richesse.
L’ancien ambassadeur du Bénin près le Nigeria explique que…

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Nigeria : L’Assemblée Nationale Demande la Suspension de l’Interdiction de l’Importation des Voitures par Voie Terrestre

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