Bénin 2016 : Zinsou, Histoires et arguments parallèles

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Voici une histoire qui n’est pas sans ressembler  à ce qui arrive au Bénin, avec l’irruption du sieur Lionel Zinsou dans la compétition présidentielle de février 2016.
C’est l’histoire de M. James Faleke,  d’extraction yoruba, mais natif de l’État de Kogi, un état multiethnique au centre du Nigeria. James Faleke qui a fait sa carrière politique des 25 dernières années dans l’État de Lagos est actuellement élu député de cet état à l’assemblée nationale. Mais pour l’élection du gouverneur de Kogi qui vient d’avoir lieu, le même James Faleke a été choisi  comme colistier par le candidat de l’APC au pouvoir, M Audu. Or,  le jour des élections, le candidat Audu arrivé en tête meurt subitement. L’APC,  avec le consentement de L’INEC, la CENA nigériane,  désigna un autre candidat pour remplacer au pied levé le défunt avant la proclamation des résultats qui donna gagnant le Parti APC. M James Faleke n’est pas du même avis. Il estime que si le parti APC est gagnant, c’est lui, en tant que gouverneur adjoint qui devrait accéder au poste du gouverneur. L’affaire est devant les tribunaux actuellement, dans la mesure où James Faleke a porté plainte contre l’INEC et l’APC et refuse de prêter serment en tant que Gouverneur adjoint tant que la justice ne se sera pas prononcé sur l’affaire. Or, malgré sa logique, la position de M James Faleke a un point faible : c’est que le contestant est un étranger politique à l’état de Kogi, et son choix autoritaire sur le ticket APC par le candidat défunt n’est peut-être pas légal.
C’est l’argument que lui oppose le Dr Oluwayomi David Atte, un de ses concitoyens dans l’interview ci après, et qui ressemble à s’y méprendre au raisonnement que ses contempteurs opposent à Lionel Zinsou dont la posture n’est pas loin de ressembler à celle de M. James Faleke.

En tant que personnalité Okun,( yoruba de Kogi) pourquoi prenez-vous cette position sachant que votre congénère, l’hon. J. Faleke se bat pour réclamer son droit au Tribunal?

Dr Oluwayomi David Atte : L’Hon. James Faleke est membre de la Chambre des représentants, et représente une circonscription de l’État de Lagos. Cet homme est apparu à la connaissance publique de Kogi lorsque et seulement lorsque le prince Abubakar Audu l’a choisi comme colistier pour les dernières élections au poste de gouverneur. Jusque-là, il était pratiquement inconnu dans l’État de Kogi.
Je peux également témoigner qu’il était totalement inconnu de tous les combats en faveur des Okun de ces 30 dernières années. Il a mis de façon crédible ses talents et son savoir-faire au service du développement de l’État de Lagos et je crois que l’État de Lagos lui doit une dette de gratitude pour cela. Donc, au moment où il a été choisi par le prince Abubakar comme colistier dans l’État de Kogi, il était un électeur inscrit dans l’État de Lagos et était légalement et valablement en droit de représenter une circonscription  de Lagos à la Chambre des représentants. Au moment même de sa sélection comme colistier dans l’État de Kogi, était-il effectivement éligible à être ainsi sélectionné? C’est à la justice d’en décider, mais pour moi, le fait qu’il soit né Okun n’est pas une raison suffisante pour garantir de mettre l’avenir du peuple de Kogi dans ses mains.
Je ne veux pas dire qu’il ne peut pas représenter Okun. Ce que je dis est que, n’ayant pas été impliqué, sachant peu de choses de la situation de l’État de Kogi au cours des 25 dernières années et ayant été sélectionné par feu le prince Abubakar sans aucune consultation des Okun, il ne représente pas l’âme du peuple Okun, ses luttes et aspirations depuis la création de l’État de Kogi

Comme on le voit,  le cas de Monsieur James Faleke évoqué ici ressemble mutatis mutandis à celui qui nous préoccupe au Bénin sous le nom de Lionel Zinsou. Il suffit de remplacer Lagos par France, Kogi par Bénin et Okun par Mahi. Et pourtant, il ne viendrait à l’idée de personne au Nigeria que le raisonnement que mène le Dr Oluwayomi David Atte ici sur l’identité de M James relèverait du racisme. Mais à l’évidence, les thuriféraires et suppôts de Lionel Zinsou dans leur violence téléologique, sont moins préoccupés d’arguments sains que de culpabiliser ceux qui s’opposent à leur scandaleuse obscénité politique.

Adenifuja Bolaji

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