La CEDEAO Face à la Question du Droit

Mon Idéo Va, Court, Vole et Tombe sur…:

Les Singes et la Démocratie

ideog De quel droit la CEDEAO, une organisation sous-régionale à vocation économique, envisage-t-elle de faire une intervention militaire dans un de ses pays membres, la Côte d’Ivoire ? Le maintien de Gbagbo au pouvoir aurait-il des incidences économiques vitales pour cette Communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest ? Ou bien est-ce un mode de fonctionnement  à l’Africaine ? Et puisqu’il s’agit d’une intervention placée sous le signe de la Démocratie, chaque État en a-t-il au moins débattu au niveau national de façon démocratique ? Chaque parlement national en a-t-il débattu ? Est-ce que ce genre d’intervention qui se fait sous l’égide implicite des Blancs d’Occident ( qui nous ont toujours fait du mal et qui continuent de nous harceler de leur  domination ) rencontre l’assentiment libre des peuples Noirs opprimés ?Quel intérêt avons-nous à danser sur la musique des Blancs, nous autres Noirs anciennement violentés par eux comme esclaves, puis comme colonisés et actuellement sous la hantise de leur domination politique qui leur assure le pillage de nos ressources naturelles et humaines ?

Et même si la situation créée en Côte d’Ivoire par le maintien de Gbagbo avait une incidence économique sur les pays de la CEDEAO est-ce qu’à une situation  à incidence économique, il faut répondre par une action militaire alors que cette incidence, si elle était avérée, est involontaire ? Sur quelle base légale une organisation à vocation économique s’autorise-t-elle à user de la force contre un de ses membres qui n’en a pas agressé un autre ? L’Union Africaine n’est-elle pas mieux à même de gérer ce genre de crise ? De qui ont peur ces étranges juges de la Démocratie qui, comme ces singes du livre de la Jungle  ne connaissent goutte ni au droit ni à la Démocratie ? Pensent-ils que l’Afrique est toujours aux temps des Houphouët Boigny où lorsque l’on veut éliminer un Sankara, il suffit d’un coup de téléphone de Paris à  Abidjan et le tour est joué ?

Il faudrait que ces justiciers simiesques redescendent de leurs arbres ; cesser de danser au son de la musique des autres, et prendre la mesure de la gravité de leur entreprise sans rime ni raison. A propos de l’esclavage, les Blancs aiment à dire que si les Noirs ne se vendaient pas ils ne les auraient pas achetés ; cet argument perfide qui a l’apparence de la logique est évidement  faux car l’esclavage se déroulait dans un monde fermé où la force seule faisait loi. Maintenant le monde est ouvert, et la force n’est pas toujours d’un seul côté. On peut forcer un cheval à aller à la rivière, mais on ne peut le forcer à boire. Demain, si l’expédition en Côte d’Ivoire dégénère, les Blancs diront qu’ils n’y sont pour rien. Et ils auront raison

Éloi Goutchili

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