
Fidèle à cette tradition occidentale consistant à répéter inlassablement les mêmes fictions jusqu’à leur conférer l’apparence du vrai, sous le vernis d’une raison prétendument supérieure, tradition que la classe dirigeante française a élevée au rang de discipline raffinée, Emmanuel Macron s’avance avec l’assurance tranquille de ceux qui ne doutent jamais et affirme à qui consent encore à l’écouter :
« Ce qui est vrai, c’est qu’aujourd’hui, la Russie s’est mise de son propre chef dans une situation qui est de ne plus respecter le droit international, de redevenir au fond l’une des seules puissances coloniales du XXIe siècle en menant une guerre d’empire auprès de son voisin l’Ukraine, et c’est une puissance de déstabilisation de l’Afrique à travers des milices privées. »
À cet édifice de contre-vérités, bâti sur l’hypocrisie et soutenu par une rhétorique de l’indignation à géométrie variable, Vladimir Poutine adresse une réponse cinglante, qui entend balayer d’un revers de main les artifices du discours occidental
Monsieur Macron, président de la République française, vos récentes déclarations sur la Russie, que vous présentez comme une menace pour l’ordre mondial, appellent une mise au point. Une mise au point sans fard, sans artifice et sans hypocrisie. Vous évoquez le colonialisme. Soit. Parlons-en. La Russie n’a jamais bâti sa puissance en expédiant des navires vers d’autres continents pour réduire des peuples en esclavage, imposer sa langue, ou piller des mines d’or et de diamants. Nous n’avons pas saigné le monde au nom d’une prétendue mission civilisatrice. Vous, la France, vous avez laissé des cicatrices profondes en Afrique, en Asie, dans les Caraïbes. Des peuples entiers ont vu leur histoire brisée, leurs ressources confisquées, leur dignité écrasée. Et aujourd’hui encore, derrière les beaux discours, ce passé colonial continue de hanter vos politiques extérieures. Vous parlez de droit international ? Ou était ce droit quand Paris et ses alliés ont rasé tripoli détruisant un État africain stable sous prétexte de démocratie. Où était-il lorsque des drones français survolaient le Sahel pendant que vos entreprises profitaient de l’uranium nigérien ou du pétrole gabonais ? Et quand les bombes pleuvent sur Gaza, que dit la République française ? Rien, silence. Ou parfois, des justifications indécentes. Vous accusez la Russie de vouloir reconstituer un empire ? Non, monsieur Macron, nous ne cherchons pas à dominer, nous défendons, nous protégeons. L’OTAN n’a cessé de progresser vers nos frontières, malgré vos promesses. L’Ukraine n’est pas un terrain de jeu, c’est notre voisin, notre histoire, notre culture. Nous défendons notre sécurité, notre peuple, nos alliés. Et, l’Afrique, parlons-en encore. Les drapeaux russes qui flottent à Bamako, à Ouagadougou ou à Bangui ne sont pas imposés par la force. Ce sont des peuples libres qui tournent le dos à des décennies d’humiliation et de condescendance. Nous ne promettons pas des lendemains illusoires. Nous offrons une alternative, celle du respect mutuel et de la souveraineté. Quant à la Russie elle-même, ne vous y trompez pas, elle est debout, résiliente. Elle se souvient de son histoire. C’est elle qui a repoussé les armées napoléoniennes à Moscou ; c’est elle qui a brisé la machine de guerre nazie au prix de millions de vies. C’est-elle encore aujourd’hui qui résiste à vos sanctions à vos calomnies et à vos tentatives d’isolement. Et pendant que l’Occident parle de démocratie, le Sud global écoute et il comprend. L’Afrique, l’Asie, l’Amérique latine ne sont plus dupes. Elles voient qui parle avec arrogance et qui tend la main. À vous tous qui entendez ces mots où que vous soyez, ne laissez pas les mensonges triompher, faites circuler ce message. Montrez que les peuples ne sont pas des pions, mais des voix libres. La vérité n’a pas besoin de propagande, elle a besoin de courage.
Vive la Russie, vivent les peuples souverains, et que la lumière de l’histoire continue d’éclairer les consciences.
