Publié dans Histo

AZANƉÉGBÉHO : ASSASSINAT DU CAPITAINE MICHEL AÏKPÉ

  Akpo Le Témoignage hautement subjectif du Lieutenant-Colonel Pillipe AKPO

AZANƉÉGBÉHO…ÉPHÉMÉRIDE

DU :    20 Juin

2006/1975 Le 20 juin, le ministre de l’Intérieur du gouvernement militaire révolutionnaire, le capitaine Michel Aïkpé, est exécuté dans des circonstances restées obscures.

20 JUIN 1975

L’ASSASSINAT DU CAPITAINE MICHEL AÏKPÉ

Un Témoignage du Colonel Philipe AKPO, ancien membre des gouvernements de Kérékou de la période idéologique, fidèle de celui-ci et dont le témoignage, s’il a le mérite d’exister et la volonté de restituer une mémoire, doit être pris avec des pincettes…Dans l’intérêt de l’objectivité historique, d’autres points de vue et témoignages sont les bienvenus.

Binason Avèkes

Parmi les difficultés du GMR, on ne saurait évacuer le terrible événement survenu dans la soirée du 20 juin 1975 au domicile de fonction du ministre de l’Intérieur d’alors le capitaine Michel Aïkpé.

Aikpey En effet, comme on peut le constater dans les développements précédents, Michel Aïkpé comptait parmi les principaux acteurs du mouvement du 26 octobre, ce qui avait engendré tout de suite une interprétation politique de son décès prématuré, par balles. La version officielle avait fait état d’un incident qui avait fini par des tirs d’armes alors que Michel Aïkpé venait d’être surpris en situation pas tout à fait convenue avec l’épouse du chef de l’Etat.Kerekouj2

Sans avoir été mêlé, de quelque manière que ce soit à cette affaire, je voudrais me permettre d’exposer ici mon appréciation des faits.

Comme on le sait, il est parfois difficile de concilier les hautes charges de l’Etat avec une vie de famille apaisée. De grands hommes d’Etat tels Nelson Mandela, Maurice Yaméogo et tout récemment, le président des Etats Unis d’Amérique n’y ont pas échappé. Les croyants de toutes confessions me permettront d’évoquer ici, certains aspects de cet événement douloureux qui reposent sur notre superstructure ou, si l’on veut, notre environnement social caractérisé, entre autres, par la sorcellerie.

En effet, les événements des 21,22 et 23 janvier 1975, au camp de Ouidah n’avaient pu se produire qu’à la faveur de l’absence du commandant de la compagnie des commandos-parachutistes, le capitaine Michel Aïkpé, parti dans le Borgou en tant que Commissaire Politique Titulaire. Il avait rejoint à Parakou, le Préfet Ignace Adjo Boco, Commissaire Politique suppléant, dans le cadre de la lutte anti-féodale. L’objectif était de se rapprocher du Roi Issa Kpé Gounou de Nikki, un ancien gendarme, pour le sensibiliser à la nécessité de revoir certaines pratiques ancestrales, contraires à l’affirmation de la dignité et de la personnalité de l’Homme, comme l’aplatissement et la reptation, pour marquer l’obéissance et la soumission au Roi. Les discussions auraient tourné en un dialogue de sourd.

Face à l’intransigeance du souverain, le capitaine Aïkpé aurait exprimé son étonnement d’autant que l’intéressé était un ancien gendarme avec qui le pouvoir révolutionnaire souhaitait une cohabitation pacifique afin de donner l’exemple pour accélérer l’épanouissement social. Au comble de l’énervement face à l’imperméabilité du Roi à tout progrès, le capitaine Aikpé aurait étendu le bras pour se saisir du bonnet servant de couvre-chef au Roi et l’aurait jeté rageusement par terre en demandant ce que pouvait faire le souverain sans la volonté des instances de la

Révolution. Ceux de la suite royale prièrent le souverain de ne rien dire. L’un d’eux se serait baissé pour se saisir du bonnet qu’il aurait épousseté soigneusement avant de le replacer avec déférence sur la tête du roi. Ce dernier, de manière sentencieuse aurait dit au capitaine téméraire : « Va dire à ton chef qui t’a envoyé, que tu as bien accompli la mission qu’il t’a commandée ». Puis, à l’adresse du Préfet Adjo Boco : « Toi, tu ne m’as rien fait bien sûr, mais c’est toi qui l’as conduit ici. Alors va avec lui ». La suite, nous la connaissons, même si ce qui est ici rapporté semble relever de l’empirisme. Le capitaine Aïkpé Michel devait décéder de mort violente, cinq mois après l’incident de Nikki, impliquant gravement son chef militaire et de gouvernement, Mathieu Kérékou ; pour s’être mis au travers des règles de la vie, par la convoitise et l’ambition politique, en empruntant le chemin raccourci que constituait l’épouse du Chef de l’Etat. Adjo Boco Ignace, qui se portait jusque là comme un charme devait, lui, peu après l’incident, commencer une longue période d’insuffisance rénale pour décéder finalement à Cuba, après de coûteux et multiples soins à Paris et à la Havane.

Dans la lutte âpre que se livraient les révolutionnaires et la contre-révolution, celle-ci avait trouvé en ce drame du 20 juin 1975 qui survenait après l’affaire Kovacs, l’occasion de liquider définitivement la révolution à travers son chef Mathieu Kérékou, par la mise en œuvre d’une procédure judiciaire classique pour assassinat. Le pouvoir révolutionnaire avait alors riposté par une procédure approprié et conséquente. L’auteur de la fusillade du 20 juin 1975 est le Caporal IDRISSOU Bah Léman, décédé suite à des troubles psychiques et de maladie.

Autour du drame du 20 juin 1975, les deux thèses qui s’opposent sont :

la thèse de la liquidation politique

la thèse de l’adultère ou de l’arroseur arrosé.

J’en appelle au bon sens du lecteur pour ne retenir que la thèse de l’adultère dont l’épouse du Chef de l’Etat reste la première responsable. Elle se doit, tôt ou tard, de sortir de ses insinuations et de son silence équivoques afin de clarifier cette phase de l’histoire de notre pays. Il faut signaler à l’attention du lecteur que le destin fatal du capitaine Aïkpé l’avait programmé pour l’au-delà bien avant le drame du 20 juin 1975. En effet, rentrant à Ouidah au soir du mardi 04 décembre 1974 après sa journée quotidienne de travail à Cotonou, il devait arrêter sa voiture ministérielle conduite par son chauffeur Tchalla Félix avec à bord son garde du corps Hountondji Léon, aux environs du lieu dit « Vassého » à quelques cinq kilomètres de Ouidah. La raison d’un tel arrêt était la présence sur la chaussée du corps d’un homme accidenté et laissé sans secours. S’étant extrait de son véhicule, il s’était porté vers la victime sur laquelle il se penchait à peine quand une voiture, arrivant de Lomé à très vive allure, ne visait qu’à lui passer dessus. Le capitaine avait eu le réflexe de sauter sur lui-même le plus haut que possible et avait été projeté brutalement hors de la chaussée, sans connaissance. Evacué très vite sur l’ambulance de Ouidah, il avait été réanimé par les soins intensifs et salutaires des coopérants Coréens en poste dans la formation sanitaire de la localité. Conduit à son domicile au petit matin, il devait y observer plus d’un mois de convalescence avant d’être rétabli pour reprendre ses activités.

Pendant la convalescence du capitaine Ministre de l’Intérieur, il avait bénéficié à plusieurs reprises de la sollicitude de son chef de gouvernement par les visites de l’épouse de ce dernier afin de prendre des nouvelles du convalescent.

Des confidences faites à un intime de Bohicon par le père du capitaine Aïkpé, il ressort que les oracles annonçaient à toutes ses consultations, le décès imminent et irrévocable du fils. En désespoir de cause, le père cherchait à épargner à son fils par toutes les conjurations et rituelles possibles, un tel sort. Il avait été donc arrêté entre le père et son confident, que le capitaine arrive sans faute en famille pour le week-end du samedi 21 au dimanche 22 juin pour des cérémonies conséquentes. Malheureusement, le drame du 20 juin était intervenu pour mettre un terme aux espoirs du père. Rappelons que l’accident du 4 décembre 1974 qui avait failli emporter le fils était survenu aussi un vendredi.

Tels sont les faits et les éléments de thèse pour une recherche à entreprendre par nos sociologues.D’une intelligence très vive, le capitaine Aïkpé était aussi le genre un peu fanfaron qui tirait une fierté légitime de sa qualité de Commandant de la première compagnie des Commandos Parachutistes. Il affichait tout haut ses ambitions et ses appréciations sur les personnes et les choses. Mais de là à imaginer qu’il constituait un obstacle à quoi que ce soit, il y avait un pas que d’aucun avaient vite franchi après la tragédie du 20 juin 1975.

(Témoignage hautement subjectif et partial du) Colonel Philipe AKPO²


¹Rôle et Implications des Forces Armées béninoises dans la vie politique nationale, Lieutenant-colonel Philippe Akpo, édition du Flamboyant, 2005

²D’autres témoignages et points de vue sont les bienvenus, dans l’intérêt de l’objectivité historique

clip_image001

Copyright, Blaise APLOGAN, 2008, © Bienvenu sur Babilown

Publicités

Un commentaire sur « AZANƉÉGBÉHO : ASSASSINAT DU CAPITAINE MICHEL AÏKPÉ »

  1. Phillipe Akpo était un traite et voulait vite grandir tout ce qu’il a racconté dans ses livres proviennent de son imagination et non du vécu de l’histoire.Je n’en veux pour preuve que l’émission ma part de vérité avec le colonel Kitoyi qui l’a totalement descendu et mis sur son petit vélo.Etait-il là au moment des faits?Non il était au camp de Ouidah son patron Aikpé a été tué au petit palais.Pourquoi tous ces camarades d’arme ont fini colonel et général et lui Lieutenant-colonel?pourquoi est-il devenu subitement aigri contre con chef Kérékou au point d’écrire des insannités sur lui?Ministre pendant des années pourquoi estime-t-il aujourd’hui que Kérékou l’a remercié en monnaie de singe?Qu’a t-il fait à Kérékou pour être remercié?Aller lui mentir pour qu’on mette en prison Janvier Assogba et autres Kitoyi?
    ça monsieur Akpo allez vous faire foutre!!!!!

Les commentaires sont fermés.