Gaza/Kidal : un Soupçon d’Apartheid Géopolitique sur l’Afrique du Sud

Très bonne chose que l’Afrique du Sud fasse entendre urbi et orbi sa voix dans ce qui se passe en Palestine et dénonce sans ambages ni langue de bois le génocide que commet Netanyahou ; un Netanyahou que l’Occident, soit dit en passant, n’est pas pressé de déférer devant la CPI, comme il le fit naguère pour Poutine sur des accusations aussi fantaisistes que dérisoires, et pour Gbagbo sur de prétendus crimes contre l’humanité qui s’avérèrent vides de contenus. 

Toutefois, triste et curieux à la fois que la même Afrique du Sud, dont le nom contient et rappelle à chaque instant celui de notre continent, n’utilise pas le promontoire de sa légitimité morale acquise de haute lutte sous la direction de Nelson Mandela, pour dénoncer les crimes néocoloniaux de la France dans le Sahel, avec les nids de terroristes qu’elle y sème et entretient sous l’égide des Nations-unis. Triste qu’on n’entende pas l’Afrique du Sud dénoncer le terrorisme, et apporter sa contribution à la lutte que mènent les pays francophones du Sahel. Triste que de la voix vibrante avec laquelle elle se fait entendre sur les événements de Gaza, l’Afrique du Sud ne félicite pas le Mali pour sa victoire à Kidal sur le terrorisme, la France et la MINUSMA, qui y ont été délogés, après dix ans d’occupation et de charniers. 

La voix respectable de l’Afrique du Sud ne sert-elle qu’à dénoncer ? Si oui, ne dénonce-t-elle que les crimes subis par les victimes étrangères à l’Afrique noire ?  

S’il en est ainsi, un soupçon d’apartheid géopolitique planerait sur l’Afrique du Sud : un vrai paradoxe pour le pays de l’apartheid… 

Aminou Balogun