
En passant dans une rue non loin de la Cité de la Villette à Paris, je vois dans une voiture un homme blanc sphérique au nez gros comme un poivron, assis à côté d’une jolie jeune femme noire svelte de 22/25 ans au maximum. Le rhinocéros blanc ne devait pas avoir moins de 63 ans. Joli, l’amour et ses voies impénétrables ! Mais depuis 40 ans que je suis à Paris, je n’ai pas encore vu l’inverse de ce tableau ravissant : un homme noir sphérique au gros nez âgé de plus de 60 ans au bras d’une jolie blonde dans la vingtaine ! Depuis que l’acquisition d’une compagne depuis l’Afrique est au bout d’un clic via quelque mandat western-union, les vieillards blancs ont de belles chaussures à leurs pieds englués dans le démon de minuit.
L’exploitation des Noirs d’Afrique est quelque chose de plus général qu’il n’y paraît ; elle sévit dans les ressources naturelles et les matières premières, comme chacun sait, mais aussi dans les ressources corporelles et sexuelles, pompeusement dénommées amour. A preuve, Giscard s’en est pris aussi bien aux diamants de Bokassa qu’à son épouse, qu’il devait juger trop belle pour être laissée à un nègre, fût-il empereur. Très peu d’études sur le cas des matières sexuelles, et pour cause : silence, on nique ; mais intéressant de consulter « Sexe, race & colonies : La domination des corps du XVe siècle à nos jours Pascal Blanchard, Nicolas Bancel, Gilles Boëtsch, Dominic Thomas, Christelle Taraud
Dans le détail, actuellement cette logique ravissante veut que l’homme blanc le plus laid, se tape la femme noire la plus jolie ; tandis que la femme blanche la plus laide s’offre l’homme noir le plus jeune et le plus beau. Dans les deux cas, l’Africain, homme ou femme, est réduit par ses ravisseurs au rôle de charognard.
Alan Basilegpo
