Afrique : les 3 Niveaux du Colonialisme et Comment l’Éradiquer

Il faut arrêter de parler de néocolonialisme en Afrique, car cela ne fait que servir les Occidentaux. Le mot néocolonialisme paraît un mot savant, qui laisse la résonance d’un concept abstrait sans prise sur la réalité, et qui serait comme une vue de l’esprit intellectuel. Or le néocolonialisme c’est du colonialisme en plus hypocrite, comme la vente des Noirs en Libye est de l’esclavage. Cela étant dit, qu’on ne s’y méprenne pas : le colonialisme est la logique et la culture politique qui s’impose aux états africains et, par voie de conséquence, aux Africains à leur corps défendant.

Colonialisme au niveau de chaque Etat, où les Occidentaux, entre guerres, génocides, coups d’Etat et CPI, imposent leurs marionnettes, qui s’adonnent à une gouvernance irrationnelle sur fond de violences contre les peuples et de mépris de la démocratie.

Colonialisme au niveau des organisations — sous-régionales et africaines — qui se cachant derrière l’euphorie historique qui a vu la création de l’OUA et la résidence symbolique de son siège à Addis-Abeba en Ethiopie, sont devenues en vérité et les unes après les autres des ersatz de la servilité aux puissances coloniales, des machins constitués en chevaux de Troie d’une géopolitique du théâtre.

Colonialisme enfin au niveau mondial où, à l’ONU les pays africains sont assujettis à leurs puissances de tutelle et doivent danser au son de leur musique diplomatique.

Ainsi, à aucun niveau et à aucun moment, l’intérêt des peuples africains n’est pris en compte encore moins défendu nulle part. Il n’est pas défendu au niveau des Etats dont les dirigeants sont préoccupés de servir leurs maîtres Occidentaux et de se servir eux-mêmes par ricochet.

Il n’est pas défendu au niveau des organisations sous-régionales comme la CEDEAO dont la forfaiture est légendaire – il n’est que de voir ses réactions rétrogrades dans le cas de la situation malienne pour se convaincre de ce qu’elle est au service de tout sauf des peules africains.

Il n’est pas défendu par l’Union Africaine dont le siège a été construit par la Chine et dont les Etats membres pour la plupart reçoivent leurs ordres de Paris, de Londres si ce n’est de  Washington.

Il est temps que les peuples africains entrent en scène. Cela passe, comme on vient de le voir au Mali, par le renversement des régimes fantoches corrompus à la solde de l’Occident colonial raciste. Même si l’expérience malienne mérite d’être surveillée de près, car chacun sait que la France aux abois guette le moment propice pour récupérer cette initiative patriotique, à coup de corruption et de division. Pour l’instant, au Mali, la France ne peut pas compter sur une dichotomie fratricide du genre Ouattara vs Gbagbo ou Compaoré vs Sankara, mais on peut imaginer qu’elle ne désespère pas d’y arriver.

La ruine complète du colonialisme structurelle qui régit l’Afrique passe aussi par la substitution d’Organes régionales et africaines populaires aux organisations fantoches actuelles, qui font beaucoup de bruit pour rien et donnent en plein dans la géopolitique du théâtre.

Adenifuja Bolaji

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