Côte d’Ivoire, Ouvrir la Porte au Chien

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Le vrai problème en Côte d’Ivoire comme dans n’importe quel pays africain du reste n’est pas la énième candidature d’un Président en exercice.

En l’occurrence en Côte  d’Ivoire, inutile de pousser des cris d’orfraie contre cela. Si le peuple dans sa majorité est prêt à reconduire un président en exercice ; s’il souhaite donner une assise royale à un dirigeant et en faire un président à vie, le prétexte de modification de la constitution par lequel cette volonté est légitimée est en lui-même secondaire voire dérisoire.

Le vrai problème est celui de la vérité du vote. Chaque fois que la seule candidature d’un homme est synonyme de son élection alors se pose la question de la vérité du vote, de sa conformité avec l’esprit et les valeurs de la démocratie. En clair, le fait que le vote est acheté et ou truqué, achetable et ou truquable est plus important que la candidature  scandaleuse d’un homme, qu’il soit un vrai patriote ou un zombi.

Tel est le haut degré de la misère démocratique en Afrique – sous domination française surtout —  que le seul espoir d’alternance réside dans l’épuisement du nombre de mandats constitutionnel d’un président en exercice et non dans le verdict des urnes. A ce train, transposé en France, on n’aurait eu ni Hollande ni Macron. Ce qui est assez navrant lorsque l’on sait que cette manie du troisième mandat n’est pas étrangère au colonialisme français.

Dans le cas de la Côte d’Ivoire qui défraie actuellement la chronique ou de n’importe quel dominion français, il ne sert à rien de s’émouvoir de la candidature d’un tel. Tout le monde a compris que le colonialisme français aux abois s’est installé dans l’effraction,  et entend persévérer dans son être par tous les moyens, à coup d’expédients politiques sur fond de coup d’Etat permanent. Le subterfuge de la diabolisation/élimination de Gbagbo a offert un sursis de dix ans au colonialisme français en Côte d’Ivoire ; le troisième mandat de son chien, qui a le mérite de la clarté, pourra encore lui offrir un autre sursis de dix ans. Mais aucun nombre de rallonges ou de coups d’État ne pourra jamais venir à bout de la volonté  du peuple africain de Côte d’Ivoire de se débarrasser du colonialisme français.

Donc la question n’est pas de s’émouvoir des aboiements du chien étranger à sa porte mais de s’étonner de ce que le peuple ivoirien puisse la lui ouvrir, et se faire mordre à nouveau.

Aminou Balogun

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