Idylle Afrique-Chine : Panser les Plaies de Ghangzou, pour Continuer à Baiser l’Afrique en Douce

Blog1Les récentes violences racistes anti-Noirs-africains en Chine, et plus particulièrement à Guangzhou dans le sillage du Covid-19 ont terni le récit d’une relation Chine-Afrique,  jusque-là présentée comme idyllique : plus simple et plus humaine que les rapports entre l’Afrique et l’Occident ; ceux-ci par contraste étaient montrés du doigt comme des rapports racistes de domination et d’exploitation économique depuis des siècles.

Cette blessure au mythe d’une Chine tolérante et ouverte qui a découvert l’Afrique avant les Européens sans comme eux la mettre dans les fers, devrait être pansée, et la relation Chine/Afrique remise dans le cours idyllique de son long fleuve tranquille. C’est dans cet objectif salutaire qu’une noria de documents vidéo ont envahi les réseaux sociaux, notamment YouTube.  Leur but, montrer la douceur et l’humanité des Chinois envers les Noirs Africains.

Placée sous le signe implacable de l’imitation, l’avancée de la Chine en Afrique, ne fait que copier de façon  caricaturale et selon une sensibilité chinoise les lieux communs des expériences établies par les Occidentaux en matière d’échange avec le Noirs. L’un des poncifs de ce rapport est représenté par le métissage, le mariage entre Chinois et Noirs africains. Le syllogisme implicite de ce poncif, comme c’est le cas avec l’institution ambiguë du métissage en Occident, est : « Nous nous métissons ; se métisser c’est se comprendre ; donc nos deux nations/races se comprennent ». Comme c’est le cas avec les Occidentaux, la compréhension mutuelle entre l’Africain et le Chinois n’est jamais prise et comprise comme la rencontre de deux être intègres qui se tendent la main tout en restant chacun droit dans ses bottes : non, ils doivent mettre chacun les pieds dans les mêmes bottes, au risque de trébucher quand viendra le moment d’avancer. La fusion semble être le modèle fatale de l’expérience des rapports inter-humains.

Et pourtant, comme cela a été le cas avec les Occidentaux, ce modèle est ambiguë et vicieux. En l’occurrence, il ne nous dit pas pourquoi les Chinois se marient plus volontiers avec les Noirs qu’avec les Arabes. Est-ce que le Noir serait une sorte de maillon faible, un épouseur du genre humain, un être béat, toujours prêt à entrer dans les jeux et expériences que les circonstances sinon les autres proposent à son intention sans qu’il n’en mesure les enjeux ?

Symboliquement, ce qui est navrant dans le modèle unique de la fusion c’est que derrière la partie chinoise ( ou occidentale) et œuvrant pour elle — par exemple, le métissage en Occident, entre autres choses, n’est pas exempt d’arrière-pensée démographique — il y a toute une nation qui pose ses jalons et sait ce qu’elle fait et veut ; alors que la partie africaine ( des Noirs précisément) se limite bien souvent à une aventure personnelle.

Ces manipulations symboliques et médiatiques suffiront-elles à renflouer le navire du mythe d’une Chine humaine envers les Noirs, qui a connu une avarie considérable depuis les violences racistes  de Guangzhou ? Rien n’est moins sûr…

Baiji Axing

ChinAfrique, Distraire l’Afrique pour Bien la Plumer

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Un commentaire

  1. La Chine qui voit loin, contrairement à l’Afrique qui est toujours dans le présent, est dans une stratégie de soft conquest. Les métis sino-africains qui naissent aujourd’hui seront les agents du noyautage de l’Afrique dans une ou deux générations…

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