Grandeur et décadence du culte de ìyámi òsòròngà chez les Yoruba

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GRANDEUR ET DÉCADENCE DU CULTE

DE ÍYAMI ÔSÔRÔNGA (Ma mère la sorcière) chez les yoniba

PAR

Pierre VERGER

Le présent article est fondé sur quelques histoires, ïtan, connues par les baba- làwo yoruba (pères ou gardiens du secret). Ces récits, transmis oralement de générations en générations, font partie des textes très nombreux, répartis entre les 256 signes, odù, qui leur permettent de faire la divination par If à, dont la structure et le mécanisme ont été étudiés par le regretté Bernard Maupoil l.

La comparaison des textes issus de la tradition orale actuelle, avec ceux publiés il y a une centaine d’années au sujet des religions yoruba, tirés aux mêmes sources, fait souvent apparaître des différences. Mais, si ces variations sont quelquefois le résultat d’oublis ou d’additions d’éléments nouveaux, on ne peut affirmer cependant que les aspects d’un mythe, fixés il y a un siècle, soient plus proches de sa conception originale, que ceux relevés à l’heure actuelle, car la rédaction des textes peut être fondée, quelle qu’en soit l’époque, sur une documentation incomplète, sur des indications d’informateurs réticents, ou être le fruit d’interprétations trop hâtives, ou encore refléter davantage la mentalité et les croyances de l’enquêteur que celles des gens étudiés.

La question des sorcières, par exemple, a été souvent abordée, mais il semble que celle de leurs relations avec les religions dites traditionnelles n’ait pas été toujours correctement envisagée. On pose, en principe que, la sorcellerie étant antisociale par essence, ne fait pas partie des religions d’une communauté humaine. Cette notion a l’avantage d’être simple, mais l’examen de certains textes recueillis montre au contraire, qu’en pays yoruba, les activités des sorcières, àjç, sont liées à celles des divinités, brisa, et aux mythes de la création du monde.

En général, les sorcières, àjç, n’ont pas bonne réputation dans ces pays ; pas davantage que ne l’avaient les jeteuses de mauvais sort, en Europe autrefois.

1. Nous puisons (de l’eau) devant. 1. K’à ťiwajú bii ú.
2. Nous puisons (de l’eau) derrière. 2. K’à t’èhtn bù й.
3. Ifá est consulté pour 201 personnes, 3- A ďifd fún okànléerugba enia,
4. qui du ciel sont venues sur terre. 4. ti nti’kolé orun bo wâ’lê aiyé.
5. Ifá est consulté pour 201 propriétaires d’oiseaux, 5. A ďifd fun okànléerugba ele’iye,
6. qui du ciel sont venus sur terre. 6. ti nti’kolé опт bo wd’lé aiyé.
7. Quand ces 201 personnes arrivent, 7. Nigbati awon okànléerugba enia 0 mâa bo,
8. ils ( les babalœwo) disent de préparer une calebasse pour chacune. 8. nwon ni nwon ô tçju igbd kokan.
9. Quand elles sont arrivées la première fois, c’est à ùtà, 9. Nigbati nwon ó dé, ode Ôtà ni nwon dé si.
10. elles nomment une personne îyalôde à ùtà. 10. Nwon ni nwon ti fi enikan \ç îydlàde l’ode ôtà.
11. Celle qui veut recevoir (un oiseau) porte sa calebasse auprès d’elle. 11. Eni t’ô bà fç gbà a yio gbé igbd rè s’odo rè.
12. Elle dit, elle veut recevoir son oiseau. 12. A ni, on fe’ gbà eiye t’on.
13. Il est placé dedans. 13. yio f’eiye si i nínú.
14. Lorsqu’elle a placé l’oiseau dedans, 14. Nigbati 0 bd si fi eiye si i nínú,
15. la calebasse est couverte, et leur est remise. 15. yio de igbd, yio gbé e fún nwon.
16. Cette calebasse qui leur est remise, 16. Igba ti nwon bd gbé e fún nwon,
17. elles en prennent soin dans leur maison. 17. nwon ó Щи rè sinů ilé.
18. Quand elles l’ont rangée dans leur maison, 18. Nigbati nwon bà tçjû rè sinû ilé,
19. n’importe qui ne peut savoir l’endroit où elles l’ont portée, 19. enikeni ko lé то ibi ti nwon gbé e si,
20. à moins que ce ne soit quelqu’un qui ait une calebasse. 20. afi eni t’ô bd ni i.
21. Peut-être est-ce au (dessus du) plafond. 21. Boy a l’âjà ni 0 wà 0.
22. Elles peuvent la placer à côté du mur. 22. Nwon le gbe e si ara ïgànd.
23. Elles peuvent creuser le sol pour l’y placer. 23. Nwon le gbe’lè ki nwon gbé e si.
24. Elles sont les seules à savoir l’endroit où elle est gardée, 24. Awon nikan soso ni nwon то ibi ti nwon gbé e si,
25. quand elles leur sont remises. 25. nigbaťó gbé e fún nwon.
26. Lorsqu’elles leur ont été remises, 26. Nigbaťó gbé e fún nwon tán,
27. chacune emporte la sienne, 27. olúkuluku o màa gbé tiè,
28. va la ranger à l’endroit qu’elle a vu. 28. yio mda lo tijjú e s’ibi ťó bd ri.
29. Quand elles veulent envoyer elçiye en mission, 29. Nigbati nwon bd fe’ rán еЦгуе yen n’ise »,
30. elles ouvrent la calebasse, 30. nwon 0 si igbd yen s’ôkè,
31. cette еЦгуе s’envole hors de la calebasse, 31. ele’iye yen yio fb jade nínú igbd yen,
32. va accomplir la mission où elle est envoyée, ^. peut-être à Lagos, 32. yio lo se’sç ti nwon bd rán an,
34. peut-être à Ibadan, 33. ibàà ;V Èkô,
35. peut-être à Ilorin, 34. ibàà je’ îbàdàn,
36. peut-être à Sapele, yj. peut-être à Londres. 35. ibdà je’ Ilorin,

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