Bénin: l’ODPH Alerte sur la Persécution Politique de Mètongnon

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A L’OPINION NATIONALE ET INTERNATIONALE
Dossier de persécution politique au Bénin :
Cas de Laurent METONGNON et de ses co-accusés.
Nous venons porter à l’attention de l’opinion publique nationale et internationale que les nommés  Laurent METONGNON et ses co-accusés Célestin AHONON, Moussa Jérémie MORA auxquelles ont été joints Edouard ADEGOKE, Saliou YOUSSAO et Alassane KEMOKO sont des détenus politiques.
En effet, messieurs Laurent METONGNON, Edouard ADEGOKE, Saliou YOUSSAO étaient respectivement Président et membres du Conseil d’Administration de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS) entre septembre 2013 et novembre 2016 ; Alassane KEMOKO, Célestin AHONON et Moussa Jérémie MORA étaient membres de la Direction Générale de ladite Caisse.
En détention depuis le 17 novembre 2017, ces citoyens sont poursuivis et déposés à la prison civile de Cotonou sur instructions du Gouvernement réuni en Conseil des Ministres le 02 novembre 2017 sous la présidence effective du Chef de l’Etat aux fins d’engager des poursuites judiciaires à leur encontre.
Ils sont accusés, selon les termes du Conseil des ministres, à la suite de l’examen en Conseil des Ministres, d’avoir souscrit ou maintenu entre avril 2014 et octobre 2015 auprès de la BIBE (Banque Internationale du Bénin) des dépôts à termes (DAT), « une Banque confrontée à des difficultés » contre des commissions. Le compte rendu du Conseil des Ministres publié les accuse explicitement d’avoir souscrit ou maintenu ces dépôts « dans le seul intérêt inavoué de bénéficier desdites commissions » (sic). Le Conseil des Ministres parle de « l’intention malveillante des dirigeants concernés, qui n’ont pas hésité à exposer les ressources des travailleurs et des retraités en effectuant des DAT à la BIBE dans le seul but de recevoir en contrepartie des commissions occultes. » (Souligné par nous). Et en conclusion, le Conseil des Ministres a instruit le Garde des Sceaux, ministre de la justice et de la législation à l’effet d’engager des poursuites judiciaires contre les dirigeants de la CNSS au moment des faits, à savoir d’avril 2014 à octobre 2015.
Les éléments ci-dessus extraits du relevé du Conseil des Ministres et la gestion qui a été faite du Dossier soulèvent des inquiétudes.
Premièrement, il apparaît clairement, à la lecture de ce compte rendu du Conseil des Ministres, que le Gouvernement en émettant, à l’occasion de l’examen d’un acte de gestion, des motifs et des jugements de valeurs à charge de ces dirigeants (« seul intérêt inavoué »,  « l’intention malveillante »,  « seul but de recevoir en contrepartie des commissions occultes ») s’est transformé en tribunal.
Deuxièmement, lorsque le Procureur est saisi, on assiste à des irrégularités dans la procédure et qui ne sont pas de nature à rassurer. Après la garde à vue qui aura duré du 17 au 23 novembre 2017, malgré toutes les garanties de représentation que présentaient ces prévenus, ils sont inculpés sous les mobiles de flagrant délit de corruption et d’abus d’autorité. Dans ce cas de flagrant délit, le code de procédure pénale prévoit le jugement sous 72 h au plus. Le jugement non seulement n’a pas lieu dans les délais mais au contraire, ils sont déposés en prison le même jour pour ne comparaître que le 19 Décembre 2017. Soit un mois plus tard, en violation donc du code de procédure pénale.
Troisièmement, pendant que les prévenus sont toujours en prison et que le Dossier n’est pas vidé, le Chef de l’Etat intervient dans le Dossier. En effet, le 6 février 2018 , soit trois (03) mois plus tard, le Chef de l’Etat (répondant aux responsables syndicaux à propos des poursuites et de la détention de Laurent METONGNON et ses co-accusés), lors d’une rencontre avec ces responsables syndicaux au Palais de la Présidence de la République, dit : « L’argent des retraités présents et à venir a été confié de manière irresponsable à une banque en perdition, une banque en faillite que tout le monde sait en failliteje parie que les responsables de la caisse dont METONGNON, si on leur demandait dans cette même période de confier leur épargne à cette banque, ils ne l’auraient pas fait. Mais comme ce n’est pas leur argent et que c’est l’argent de nous tous, ils l’ont fait sans état d’âme ; et il a été relevé que des commissions ont été payées » (Cf. La Nouvelle Tribune n° 3682 du jeudi 08 février 2018, Verbatim, Ce que Talon a dit des affaires Trèkpo et Mètongnon).
Ainsi, le Chef de l’Etat persiste et signe en reprenant et en insistant, avec en plus des jugements de valeur sur les prévenus, notamment Laurent METONGNON. Il s’agit d’une indication grave venant du premier magistrat dans un dossier pendant devant la justice.
Or, l’argumentaire du Conseil des Ministres le 02 novembre 2017, repris publiquement par le Chef de l’Etat le 06 février 2018 pèche déjà sur un point essentiel : la BIBE n’était plus sous administration provisoire au moment des placements incriminés. Des arrêtés pris par le Ministre des finances d’alors le confirment: il s’agit des arrêtés suivants :
1°- L’arrêté N° 2014-1258/MEF/DC/SGM/DTCP/DAMF/BMC/SP du 16 mai 2014 mettant fin à l’administration provisoire de la BIBE. Il est signé du Ministre des Finances d’alors, Monsieur Jonas A.Gbian
2°- L’arrêté N° 2014-1260/MEF/DC/SGM/DTCP/DAMF/BMC/SP du 18 mai 2014 portant nomination d’un Directeur Général par intérim à la BIBE. Il est également signé du Ministre Jonas A. Gbian.
            Signalons que le dossier examiné par la Conseil des Ministres a été introduit par le Ministre actuel en charge de l’économie et des finances. Ce dernier, ne pouvait ignorer ces actes pris par son prédécesseur, à moins d’oubli ou omission ! Et alors à quelles fins ?
Monsieur Laurent METONGNON est un responsable syndical en vue, un militant chevronné de la lutte contre l’impunité et pour la bonne gouvernance, membre du Parti Communiste du Bénin (PCB) et organisateur général du Front pour le Sursaut Patriotique (FSP), la principale coalition de l’opposition au pouvoir du Président Patrice TALON. D’où l’inquiétude et le caractère politique des poursuites et détentions de Laurent METONGNON et de ses co-accusés sous le couvert de lutte contre la corruption
C’est pour cela que l’ODHP dénonce la persécution politique et demande à l’opinion publique nationale et internationale de se mobiliser pour la libération des détenus politiques Laurent METONGNON et ses co-accusés YOUSSAO, ADEGOKE, MORA, AHONON et KEMOKO.
Et ce sera justice, une mise en garde contre l’arbitraire et une contribution aux combats contre le retour et le renforcement de la dictature autocratique au Bénin.
Pour le Bureau Exécutif National
Le Secrétaire aux Relations Extérieures,
Signature Illisible
Denis Y. SINDETE
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