Publié dans Essai, Haro

L’Équité Involontaire entre Blanc et Noir sur le Marché Africain de l’Amour

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De tous les biens matériels et immatériels dont ils s’accaparent de façon léonine sur le continent africain depuis des siècles, la femme est celle dont la prise par les Blancs est la moins entachée d’iniquité ; et ceci indépendamment même de leur volonté.  Parce que, bien que certains d’entre nous se piquent d’imiter leur manière ou de vouloir  vivre comme eux, nos goûts féminins sont fort distincts, et l’idéal de beauté féminine de l’Africain est loin de coïncider avec celui du Blanc.

Et c’est cette distinction, cette différence dans les goûts et les idéaux qui sauve le Noir africain et lui épargne la rude spoliation qu’impose le Blanc dans les multiples domaines de sa vie matérielle et immatérielle. En clair, si l’idéal de beauté féminine  de l’Africain était le même que celui du Blanc, même dans ce domaine qui touche à l’intimité, l’homme Noir n’aurait ni la primeur ni la primauté encore moins la possibilité d’avoir chaussure à son pied. Comme dans les autres domaines de la vie matérielle où le Blanc lui arrache tous ses biens et lui donne en retour des miettes, le réduisant à une condition de charognard ou de mendiant, n’eût été cette salutaire différence de goût et d’idéal  féminins, le Noir en matière de femme n’aurait eu droit qu’aux restes du repas féminin du Blanc, comme le chien qui mange les restes du repas de son maître.

Mais la chance du Noir est que le Blanc et lui ne mangent pas au même râtelier de l’amour. La femme qui est belle pour le Noir n’est pas celle qui est belle pour le Blanc et inversement. Si bien  que tout se passe harmonieusement sur le marché féminin pour les uns et les autres. Depuis qu’il a été à notre contact, comme les autres ressources qu’il pille rageusement, le Blanc a toujours exploité aussi la ressource féminine. A ceci près que les produits féminins qui ont sa préférence ne sont pas les mêmes qui ravissent le Noir.

D’ailleurs, bien qu’il soit clair et sans ambiguïté, le partage n’est pas dénué de malentendu ; car le Blanc toujours dominateur et sans pudeur, même lorsqu’il s’agit de prendre femme chez  l’autre, ne lui laisse pas le choix des armes. Il tient, comme en toute chose, à se servir le premier. Et il choisit la femme de son goût en supposant qu’il a pris la plus belle et que le Noir qui passerait après lui ne devrait que l’envier. Or, il se trompe sur toute la ligne, car le Noir qui ne partage pas le même goût que le Blanc considère son choix comme bon débarras, et peut alors aller au bras de la femme de ses rêves comme si de rien n’était. Pour la première fois, même et parce qu’il choisit en premier, le Blanc devient le charognard  du Noir, car en matière féminine il ne fait que débarrasser celui-ci de la femme  qui ne convient pas à son goût.

Sur la photo ci-dessus, deux femmes yoruba sont en conversation. Si un Yoruba et un Anglais devaient choisir chacun une de ces femmes, ne serait que pour un moment de flirt, il va sans dire qu’il n’y aura aucune rivalité entre eux, car ce qui oppose ces femmes dans leur apparence et leur esthétique – à ne se fonder que sur ces critères sensuels – correspond à deux choix distincts et clairs dont l’un et l’autre seraient d’instinct fiers et heureux.

Dr Aboki Cosme, sexologue

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