Publié dans Homage, obituary, Press-Links

Marcelline Aboh, l’Amazone du Théâtre

blog1

Marceline Aboh, alias « Detin Bonsoir », grande figure du théâtre Béninois nous a quittés le 20 Août 2017. Elle avait 77 ans. En hommage à cette passionnée du théâtre, qui s’est battue comme une amazone pour le faire vivre et aimer, nous publions cet interview qu’elle a accordée en 2014 au journal l’Évènement Précis Paix à son âme

Porto-Novo, quartier Kpokomè, ce mercredi 29 janvier 2014. Le soleil était encore au zénith. Me voici au domicile d’une des icônes du théâtre béninois. Marcelline Akinocho Aboh est son nom. Assistée de sa fille, Delphine Aboh, celle-là qui assure aujourd’hui valablement son héritage artistique, elle m’ouvre son salon, une modeste pièce qu’elle occupe dans une maison où tous se plaisent à l’appeler «Mémé». Vêtue de la tenue locale «bohoumba», elle m’ouvre son cœur aussi et parle. Pendant près d’une heure environ sans interruption, celle que beaucoup de Béninois ont connu sous le pseudonyme de «Détin bonsoir», malgré ses 74 ans d’âge, s’est donné avec vigueur, à l’exercice de la parole. Et ceci , malgré la sueur ruisselante qui inondait nos corps à cause de la coupure d’électricité qui était intervenue à l’instant en dépit de la forte chaleur qui a contraint ses voisins à prendre de l’air au dehors. Des révélations, la comédienne en a fait. Elle dévoile d’ailleurs tout sur sa vie et exprime ses ressentiments après tant d’années accomplies dans le théâtre béninois. Découvrez donc Marcelline Aboh dans tous ses états.

L’Evénement Précis : Cela fait déjà un bon moment que vous avez commencé ce métier de comédienne. S’il vous était donné de remonter un peu le temps pour nous faire savoir l’année où l’aventure a commencé, qu’allez-vous dire ?

Marcelline Aboh dite ‘’Détin bonsoir’’ : Je ne vais pas pouvoir situer avec exactitude ces débuts. Puisque cela fait vraiment longtemps que j’ai commencé par monter sur les scènes.

Mais pouvez-vous nous parler du tout premier groupe avec lequel vous avez commencé le théâtre ?
C’est avec le groupe ‘’Les messagers’’ de mon église que j’ai démarré l’aventure. C’est moi qui les ai formés avant qu’on ne commence par monter les podiums et faire des représentations. Cela remonte aux années 1980. Bien avant ça, nous avions l’habitude de célébrer une fête au sein de notre église. A cette occasion, je montais des troupes de théâtre et nous y jouons pour égayer les gens.

Quelle église ?
Je veux parler de l’église Protestante Méthodiste qui est ici à Porto Novo, précisément à Houèzounmè, cité de grâce. Donc, j’étais leur présidente et c’était là qu’on s’essayait à la chose. Ce que je dis remonte à l’époque d’avant les indépendances. Je ne me souviens plus exactement, mais ça doit être aux environs des années 1958 si je dois être plus juste. Ainsi, dans les années 1980 nous avons décidé de faire connaitre notre art, donc de le faire sortir pour le présenter au grand public des grandes villes. C’est alors que nous sommes allés en ville.

Et votre première représentation, c’était où ?
Au Hall des arts.

De qui avez-vous appris l’exercice de cet art que vous maniez avec dextérité ?
Je ne l’ai appris de personne. En fait dans mon enfance, j’étais une fille turbulente et agitée et ma mère était aussi une comédienne.

lire la suite

copyright5

 

Publicités