Publié dans économie, Haro

Franc CFA : Le Discours Françafricain Postmoderne d’Emmanuel Macron

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Sur les réseaux sociaux circule cette plaquette  portant l’image et des propos présumés de Macron sur le F Cfa, où le président français réplique aux contempteurs du franc colonial. Et, à en croire l’euphorie naïve d’une certaine opinion, les propos de Macron seraient la vérité pure, un cristal de pertinence et de lumière.

Mais à la vérité, il n’en est rien. Car ce discours est hypocrite. On rage de penser qu’il y ait des Africains bien pensants qui gobent cela déjà et le tiennent pour le nec plus ultra de la vérité, le summum de la pertinence… Alors que ce n’est qu’un discours crapuleux de crapule faussement en herbe.

Car quoi : quand on est sûr de réussir la politique de diviser pour régner,  quand on a fait tout pour, y compris des guerres et des menaces, quand on a conditionné son monde, quand on connaît le degré de bêtises des moutons noirs qu’on mène à l’abattoir depuis plus de 50 ans, on peut tenir ces propos sibyllins !

Les gens qui critiquent le F Cfa ne sont pas les gens qui sont au pouvoir en Afrique ; et, jusqu’à nouvel ordre, les gens qui arrivent au pouvoir dans l’espace francophone africain jouissent de l’aval conditionnel de la France ; dans ces conditions, comment ces pouvoirs aux ordres peuvent-ils prendre une décision qui menacerait un tant soit peu les intérêts de la France sans que leurs dirigeants ne se retrouvent à la CPI, ou avec un coup d’État dans les pattes, ou une prétendue dissension politique interne susceptible de dégénérer en des guerres fratricides que la France s’offrirait le malin plaisir d’arbitrer par la suite ?

Le discours néocolonial postmoderne de Macron n’abusera que les imbéciles !

Aminou Balogun

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2 commentaires sur « Franc CFA : Le Discours Françafricain Postmoderne d’Emmanuel Macron »

  1. C’est comme si, aux siècles d’airain de l’esclavage, un esclave rêvant de liberté se voyait répondre toujours en rêve par son maître cynique : « tel et tel esclaves ont pu s’échapper, quand on n’est pas heureux en esclavage, on marronne… » Mais hors du rêve et dans la réalité nul n’ignore l’implacable répression qui, en amont et en aval, s’abat sur le marronneur…

  2. Démonstration par l’absurde de l’hypocrisie cynique des propos présumés de Macron sur le Franc Cfa. Comme la monnaie, qui fait partie du système symbolique d’une collectivité humaine, la langue doit être d’essence endogène. Si les Africains devenaient enfin lucides et conscients de l’absurdité du fait de parler la langue de leurs saigneurs et pilleurs historiques, et décidaient enfin ce que le bon sens recommande, à savoir prendre à bras le corps leurs propres langues, les écrire et les parler, en faisant une croix sur la francophonie, au mieux ramenée à sa juste place de langue étrangère, est-ce que Macron tiendrait le même langage ? Dira-t-il :  » Si on ne se sent pas heureux dans la francophonie, on la quitte, et on parle et écrit dans sa propre langue nationale, comme l’ont fait les Éthiopiens et les Rwandais » ? Si on doute encore du fait que la France sans le franc CFA serait morte, douterait-on du fait que le départ en masse des pays africains de la laisse symbolique nommée francophonie signerait la fin de l’influence française sur l’échiquier international ? Or personne ne peut penser que Macron veut cela pour son pays. Ce qui prouve que ses propos présumés sur le franc Cfa sont une jolie tirade postmoderne, qui mêle la menace voilée à une fausse posture de pragmatisme libéral.

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