Publié dans Editorial, Haro

Bénin : Notre Erreur nous Talonne

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Il y a une grave erreur d’appréciation qui s’est produite lors des dernières élections présidentielles et que nous devons assumer, tous autant que nous sommes. L’erreur est un piège et un consensus frauduleux léthargique, savamment inoculé à la conscience collective. Erreur d’avoir cru que le rejet impératif de Zinsou, qu’aucun patriote ne renierait jamais, rimait avec l’élection de Talon. Celui-ci et sa communication eurent beau jeu de nous piéger dans cette frauduleuse alternative qui a été médiatisée et naturalisée. On crie au serpent, et on nous présente avec malice le seul bâton pour le tuer. Bâton noir, au demeurant ruisselant du sang de crimes antérieurs non examinés. A la mesure de notre aveuglement, notre alacrité à nous laisser enfermer dans ce piège démonique est rétrospectivement coupable, d’autant plus coupable que nous avions d’autres recours préférables à notre portée!

Conditionnés par les médias et l’argent — ce même argent dont le fantasme irrésistible nous fit tomber dans le piège du banquier Yayi en 2006 –, dupés par les figures médiatiques de la Société civile, si vile dans sa scandaleuse allégeance et dont l’une des figures de proue, Joseph Djogbénou, cumulera pour l’éternité la honte et l’indignité de l’histoire agrégées, nous avons fait silence sur l’abjection de la prétention à accéder au pouvoir suprême d’un homme comme Talon qui, éthiquement et légalement en était indigne ; un homme qui, l’éthique et le droit eussent-ils eu droit de cité dans nos mœurs, serait plutôt en train de rendre compte et gorge de ses nombreux abus et divers accommodement avec la loi plutôt que de prétendre à la magistrature suprême du pays.

Maintenant que le vin empoisonné a été tiré et bu, la désintoxication sera difficile ; mais plus que jamais, elle est nécessaire et possible  pour redonner au  Bénin sa dignité, au peuple ses droits et à la nation son espérance mainte fois trahie.

Aminou Balogun

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