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Après l’Occident : Politiques de l’Inimitié

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Pour Achille Mbembe, la démocratie libérale se nourrit des ennemis qu’elle se fabrique depuis l’ère des empires coloniaux et de l’esclavage transatlantique. En oubliant le rôle des dominés dans la construction des idéaux démocratiques, l’histoire de la colonialité qu’il esquisse donne paradoxalement la part bien belle à l’Occident.


Pour penser les crises conjointes du capitalisme et du libéralisme politique, le dernier ouvrage d’Achille Mbembe s’interroge sur le régime historique et l’anthropologie morale qui sous-tendent la généralisation de la violence dans l’organisation sociale et politique des démocraties contemporaines. Penseur de la post-colonie, l’auteur entend également contribuer à la critique de notre temps « à partir de l’Afrique » et du reste du monde. Afin de tourner le dos à « la ségrégation théorique » qui régit l’organisation des savoirs, et ce faisant les rapports politiques mondiaux, l’ouvrage revendique le recours aux archives du « Tout-Monde » (p. 17). Il emprunte ainsi certains de ses outils théoriques aux figures majeures d’une bibliothèque postcoloniale chère à l’auteur que sont Césaire, Fanon et Glissant. Autant d’ingrédients d’un programme visant donc à tirer le lecteur, occidental en particulier, du sommeil de ses certitudes et de son arrogance culturelle, bref à le sortir du fantasme de l’hégémonie. La désoccidentalisation du regard porte une écriture dense et lyrique, mais parfois emphatique, voire absconse, qui ne convainc pas toujours.

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