Publié dans Haro

Bénin : Quand Sébastien Ajavon se Salit avec le Propre des Hommes Politiques

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J’ai suivi la dernière sortie télévisuelle de Sébastien Ajavon. Et, en dehors de ses « Je dois vous dire » qui revenaient comme une ritournelle, je dois avouer avoir dans un premier temps succombé à la tentation de prendre pour argent comptant ce qu’il disait, de presque lui donner le bon dieu sans confession, parce que en apparence ses arguments et ses mots tombaient juste. Que ce soit son indignation pour l’affaire de « cocaïne pure », ou sa colère contre ce qu’il considère comme  la mauvaise gouvernance et l’égocentrisme affairiste de Talon, qu’il a accusé à la fois de népotisme et de gaspillage/détournement de l’argent public.

Ma crédulité et ma bonne volonté ont été emportées dans le tourbillon bon enfant d’un réquisitoire qui tenait la route. Jusqu’au moment où, pince sans rire, la main sur le cœur et avec la même ardeur qu’auparavant, Sébastien Ajavon défend sa marchandise et démontre l’innocuité de la consommation des produits surgelés pour la santé des Africains et en l’occurrence de ses compatriotes Béninois !

Alors là mon esprit a fait tilt. Je me suis réveillé de mon sommeil sympathique. Ce mensonge gros comme le nez au milieu de la figure avait été proféré avec le même aplomb et le même masque de sincérité que ses indignations ou ses explications techniques d’ « agrégé d’économie appliquée » comme il se qualifie lui-même ; ses yaka faire ceci, yaka faire cela pour que tout marche bien, ses bondieuseries replètes, son amour supposé pour le peuple naturalisé par la complaisance servile des journalistes, et qui étaient censés être tout le contraire du portrait d’un Talon dépeint en pilleur sans cœur.

Où se trouve la vérité ? Dans les poulets surgelés, rebut du productivisme capitaliste à la dérive et fourgué aux nègres  des pays sans loi pour qui tout ce qui a la signature du Blanc est bon ? Ou bien tout ce qui était dit auparavant, aussi bien sur la « cocaïne pure » que sur la critique de Talon mais aussi les conseils techniques « d’agrégé d’économie appliquée » dont il faut avouer qu’il n’était pas avare ?

Dans le doute abstiens-toi, dit le proverbe. Mais les logiciens philosophes vont plus loin ; lorsqu’une chaine de propositions contient une erreur, alors il faut considérer toute la chaine comme fausse, et suspendre le verdict de vérité.

Le mensonge est le propre des hommes politiques ; en décidant de se jeter dans l’arène politique, Sébastien Ajavon sacrifie-t-il à cette sale réputation ?

Adenifuja Bolaji

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