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Élections Américaines : Wole Soyinka et T.B. Joshua Au Tribunal de Karl Popper

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 Monsieur Wole Soyinka se trouve confronté à un dilemme médiatique touchant au respect de sa parole. Avant les élections américaines, le célèbre prix Nobel nigérian avait jeté son modeste poids dans la balance, en affirmant qu’il déchirerait sa carte de résident (green card) si Trump gagnait.

 « Dès l’instant qu’ils annonceront la victoire de [Trump], je vais déchirer  moi-même ma carte verte et commencer à faire mes valises » avait déclaré M. Soyinka lors d’un rassemblement à l’Université d’Oxford. Les commentaires sont immédiatement devenus viraux sur Internet.

Dès qu’il est devenu évident que M. Trump avait remporté les élections, de nombreuses personnes à travers le monde ont commencé à titiller le professeur,  avec force humour et sarcasmes, l’accusant d’avoir renié sa promesse.

Mais, hier  jeudi,  M. Soyinka a clarifié le statut de sa promesse.

Le professeur a laissé entendre au journal The Interview qu’il pouvait mettre à exécution sa promesse le 20 janvier dès que M. Trump aura prêté serment.

«Le 20 janvier 2017; Regardez mon WOLEXIT!», a déclaré M. Soyinka. Le prix Nobel n’a toutefois pas clarifié le fond de sa pensée, ni précisé ce qu’il appelait WOLEXIT, qui n’est pas sans rappeler le fameux Brexit anglais…

 Wole Soyinka va-t-il tenir sa promesse où en restera-t-il à la seule rodomontade ? L’enjeu est à la fois ridicule et de taille. Ridicule d’être pris au piège d’une surestimation de son impact personnel sur un événement politique de cette envergure ; mais délicat de se priver de la fameuse carte verte américaine, une carte de séjour permanente qui fait saliver tant d’Africains pour un pari si stupide.

Monsieur Wole Soyinka n’est du reste pas  le seul Nigérian célèbre à avoir été pris au piège du pari sur l’issue des élections américaines. Son autre compatriote célèbre, le pasteur TB Joshua dans l’une de ses manipulations des esprits simplistes dont il a le secret, avait annoncé la victoire de  Mme Clinton, présentée comme une annonce qui lui aurait été faite par Dieu. Mais dès que ces vaticinations ont été démenties par la réalité, l’inénarrable pasteur s’était empressé de supprimer la vidéo dans laquelle il avait fait sa malicieuse prophétie. Sa réaction affolée tendait à correspondre au principe de la falsifiabilité énoncée par  un autre professeur célèbre, le philosophe Karl Popper. Selon ce principe, les discours religieux s’arrangent toujours pour être dans le vrai. Si Dieu nous a crées c’est qu’il est bon ; s’il nous laisse souffrir, c’est que dans sa bonté, il nous envoie des épreuves pour nous rendre meilleur.

Mais Wole Soyinka qui n’est ni prophète ni pasteur, tiendra-t-il sa promesse ou la conformera-t-il au principe de falsifiabilité cher à Popper ? Wait and see

 Áànuoluwapo̩ Badejo

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