Publié dans Haro, Sensas

Uganda : L’histoire cocasse de la résurrection d’un roi

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 L’histoire se passe en Ouganda, le pays de Museveni…

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 Ici, un conducteur indélicat est appréhendé sans tendresse par les forces de l’ordre kényanes. Quel est son crime ? Il est accusé d’avoir tenté de doubler le convoi du vice-président.

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 Sauvagement tabassé malgré ses protestations et ses tentatives d’explication que la sécurité présidentielle n’a pas daigné entendre, il a été arrêté.

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 Au commissariat, la police a fini par entendre la vérité sur l’identité  de sa victime, qui n’est pas n’importe qui : il s’agit de sa Majesté Apollo Sansa Katumbuli, le Kamaswaga (Roi) du Kooki, dans le district du Rakai en Ouganda.

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 C’est le lieu de faire un petit topo historico-politique sur la différence comparée des héritages coloniaux français et anglais. Alors que la colonisation française était directe, gérée par les administrateurs blancs jusqu’au plus bas étage de la hiérarchie coloniale, les Anglais eux pratiquaient un système appelé indirect rule. Ce système s’appuyait sur l’autorité des chefs traditionnels à un niveau sociopolitique et culturel plus que symbolique. Il en  a découlé une réalité plus forte et agissante du système de la royauté dans les pays anglophones. De nos jours, les rois, surtout ceux des grands royaumes, sont des personnalités reconnues officiellement, bien traitées, rémunérées par l’État, et ayant rang protocolaire de ministres pour les plus importants, contrairement à l’abandon et au dénuement dans lesquels ils sont chez nous, réduits à la mendicité et à des grimaces politiques minables.

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Or donc  Kamaswaga n’était pas n’importe qui : outre le fait d’être un grand roi moderne, il était aussi l’ami du Vice-Président Edward Ssekandi …

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 Roi moderne et de la jeune génération, Kamaswaga n’était pas du genre à abuser des insignes de sa fonction. Souvent à ses heures perdues, fuyant le protocole et les honneurs, délaissant chauffeur et gardes, le roi faisait des escapades au volant de sa voiture ordinaire, le plus simplement du monde.

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 C’est au cours d’une de ces escapades, qu’ayant aperçu le convoi de son cher ami le Vice-Président Edward Ssekandi, le roi tenta de se mettre à sa hauteur pour le saluer. Et mal lui en a pris, car dans ce dessein, il trouva sur son chemin la meute enragée du Président qui sans, ménagement et le plus sauvagement du monde, lui troqua son dimanche de rêve contre un triste samedi, comme on le dit à Porto-Novo…

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 De ce jour, on pouvait dire que Kamaswaga en tant que roi est mort ! Car cette profanation du corps royal, le traitement brutal, la correction de malpropre qu’il reçut était en complète contradiction avec les honneurs dus à son rang, l’obséquiosité traditionnelle dont l’entourait sa cours et le respect que lui témoignait les autorités du district du Rakai et de l’Ouganda tout entier…

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 Alors pour que le roi ressuscite de cette mort injuste, les autorités du pays après l’avoir fait soigner dans un hôpital du pays, prétendirent que pour son complet rétablissement, le roi devait partir dans un hôpital en Occident. Pour lors Allemagne le plus blanc des pays blancs au moins depuis Hitler, fut choisi. Et c’est là que le roi joua à merveille le jeu de sa résurrection à travers une prise ne charge et des soins fortement médiatisés.

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Pendant son séjour de résurrection au pays des Blancs, le peuple et une meute tout aussi enragée que les policiers qui l’avaient molestés, celle des pasteurs et soi-disant hommes de Dieu organisaient en son honneur des séances de prières sur fond de danse et de transes à l’africaine…

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A son retour au pays, ressuscité le jeune et moderne roi fut accueilli avec des fleurs et les honneurs…

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 Et ainsi, il put regagner son trône sous la conduite de ceux-là même qui l’avaient accidentellement détrôné…

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