Publié dans Essai, Haro

Bénin – Régionalisme et Incompétence : la Responsabilité de M. Yayi

amonavis

 aka2_thumb.pngLa technique avec laquelle Yayi Boni procédait à ses nominations pour nourrir le feu de sa passion régionaliste était à double détente dans son parti-pris manipulateur.

  1. Au nom de l’existence de deux régions distinctes – Nord et Sud – Yayi Boni, conformément à une pratique dont il n’avait certes pas la paternité mais qu’il a fait sienne et exaspérée sans retenue, nommait apparemment autant de Béninois du Nord que du Sud.

Ce faisant, il prétendait appliquer implicitement le principe de la parité, comme cela se fait pour les genres. Mais l’existence de deux entités distinctes doit-elle impliquer en toute circonstance le recours au principe de la parité ? Si on considère deux régions démographiquement inégale et le fait que l’une soit trois fois plus riche que l’autre en cadres formés, quelle est la rationalité d’appliquer le principe de la parité dans ces conditions ?

La parité n’est envisagée pour les genres que parce qu’il existe deux sexes  représentant des êtres humains égaux en droit, et que dans toute société la probabilité pour un citoyen d’être d’un sexe donné est la même que d’être de l’autre sexe. Or au Bénin la probabilité pour un citoyen d’être originaire du Nord n’est pas la même que d’être originaire du sud. Alors dans ces conditions instaurer aveuglément le principe de la parité dans les nominations selon les régions c’est tromper délibérément son monde, c’est agir injustement derrière le rideau de fumée d’un consensus frauduleux : celui de l’équité régionale, en tenant pour acquis la fausse équation « Équité=Égalité ». Or, distribuer un bien équitablement ne veut pas dire donner des parts égales aux bénéficiaires. Mais Yayi Boni, Docteur en économie, feignant d’ignorer ces évidences arithmétiques, agissait comme bon lui semble en abusant de la confusion.

  1. Ce même esprit de confusion est prolongé lorsque Yayi Boni prétendait nommer des Béninois du Sud. Souvent, il nommait en priorité à ce titre, des femmes originaires du Nord mais sudiste par alliance. Le nom de leur époux dont la résonance sudiste était soulignée à dessein servait de caution imparable, voire de masque de la supercherie. Sans compter que les maris prête-noms étaient eux aussi souvent nordistes par leurs mères. Et, inspiré par le népotisme, Yayi Boni complétait ce premier geste crapuleux par la nomination d’hommes du sud en alliance maritale avec des femmes du Nord. C’est seulement après cette sournoiserie ethnocentrique qu’il saupoudrait sa sauce régionaliste infecte de quelques nominations de militants zélés, ou de griots à sa solde originaires du Sud, chiens couchants prêts à bondir à la moindre chiquenaude.

Tout au long de ses dix ans de règne, Yayi Boni était décidé à subvertir le tissu sociologique béninois en donnant un coup de pouce décisif à la bonne volonté politique des Nordiques. Pour cela, il a d’abord instauré deux entités imaginaires et très subjectives appelées Nord et Sud sur un modèle dichotomique hérité du passé, sans qu’aucune des personnes concernées – y compris les bénéficiaires éventuels – ne se retrouvent dans le bien fondé de cette partition fantaisiste.  Ensuite Yayi Boni a surfé sur l’appât du gain auquel succombaient certains et sur l’ignorance de tous pour imposer la volonté de domination ethnique de son Nord imaginaire sur son Sud tout aussi imaginaire.

Au final ni le Nord réel ni le sud réel n’ont trouvé leur compte dans cette triste aventure ; le pays encore moins. Rien que pour ce crime sociopolitique, Yayi Boni qui, même devenu citoyen ordinaire après le 6 avril 2016, pouvait encore se plaindre de ce que le « Nord n’a reçu que 4 Ministres » devrait rendre compte devant la justice.

Dr Aboki Cosme

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