Bénin 2016 : Sociologie de la Crédibilité Présidentielle

blog1

Dans le tableau d’évaluation de la crédibilité présidentielle ci-dessous, le coefficient de rupture mesure la responsabilité en amont et en aval par rapport au régime et surtout à la personne de Monsieur Yayi.

Ainsi une personne comme Patrice Talon peut d’un certain point de vue apparaître comme celui qui est le plus en rupture avec Yayi ; mais il s’agit d’une rupture subjective et accidentelle. Alors que d’un autre point de vue il est l’un des grands artisans de la survenue de Yayi dans le paysage politique national. Donc à en juger par l’éthique de responsabilité, son orientation actuelle ne saurait occulter son rôle antérieur.

Un homme comme Koupaki, qui a été collé et accolé à Yayi pendant 7 ans doit assumer le bilan du régime, et c’est déjà un vice éthique typiquement béninois  qu’un tel homme se présente comme une nouveauté après avoir été acteur de premier plan de la calamité que représente le régime de Yayi Boni. Il en sort avec 30 points pour avoir incarné ce type de personnalité dont la pusillanimité politique est tout entier placée sous le signe de la prudence de Sioux et dans l’art de ne pas fâcher les princes et les rois du moment. C’est cette attitude qui fait de lui un homme qui a brillé par son indifférence de marbre aux divers débats et passions qui ont traversé la société sous le régime de Yayi. Et à chaque fois son attitude frisait le mépris du peuple et de son ressenti.

Sébastien Ajavon est le candidat qui a le coefficient de rupture le plus élevé. Parce qu’en amont, il n’est pas aux premières loges des vecteurs politiques de Yayi Boni à la tête du pays. De plus sous Yayi Boni, il a été longtemps le martyr d’une politique de rétorsion fiscale, qui traduisait son refus de complaire au prince. Certes, ces derniers mois, dans le feu de l’annonce de la candidature de Patrice Talon, les relations entre Sébastien Adjavon et Yayi se sont réchauffées mystérieusement au point que des caciques du régime le citent comme un plan B, ou qu’un de ceux-ci en rupture de ban épisodique compte, du moins jusqu’à nouvelle fantaisie, parmi ses soutiens fervents.

L’insertion politique effective a pour idéal-type un homme comme Eric Houndété, qui malheureusement est hors course. En ce qu’il est issu d’un parti politique, est dans le landerneau politique depuis un temps non-négligeable, connaît le pays et est connu du peuple. Il n’est ni un parachuté de l’extérieur, ni un homme d’affaire soudain frappé par l’ambition présidentielle ni un aventurier politique. Le score moyen d’un homme comme Bio Tchané traduit le fait que son insertion politique n’est pas très affirmée, trop ciblée qu’elle est, axée voire obnubilée par l’objectif présidentiel. Et ce qui lui tient lieu de parti politique est plus une légion étrangère à la politique institutionnelle au quotidien et dont l’ambition  figée est la prise du pouvoir présidentiel.

L’insertion politique de Sébastien Adjavon, qui dépasse celle de Bio Tchané, bien que moyenne aussi, traduit le fait que plus que ce dernier, ASG a toujours plus ou moins, à l’instar d’un Talon, contribué concrètement à la vie des partis politiques, et ce dans une certaine discrétion dont le caractère politiquement désintéressé a été à l’avantage de cette insertion, jusqu’à son entrée dans la course présidentielle.

Pour ce qui est de la capacité gestionnaire, ce critère est bien servi par les hommes d’affaire, comme Patrice Talon et Sébastien Adjavon, qui si l’on peut dire ont fait leur preuve en la matière ; même s’il ne faut pas confondre gestion de société et gestion d’État ; de même le « vendeur d’argent » Lionel Zinsou peut être accrédité d’une bonne note à ce niveau.

Là où le bât blesse en revanche Lionel Zinsou c’est au niveau du critère de l’identité nationale dont la définition se passe de commentaire et dont l’évaluation en l’occurrence aussi se passe de commentaire.

Au total, la richesse du cru 2016 des candidats à l’élection présidentielle est inversement proportionnelle à leur nombre. Dans cette noria de candidats, politiquement et éthiquement, le Bénin ne trouve pas son compte si l’on considère la condition de rupture qui seule préserve la santé démocratique du Bénin et permet au pays de sortir de l’ornière de dégradation internationale, de médiocrité nationale, de dérives antidémocratiques et de mal-gouvernance endémique dans laquelle le régime sortant l’a placé.

Selon cette brève analyse,  le candidat Sébastien Adjavon, avec 320/400 s’en sort avec la meilleure note de crédibilité présidentielle.

Tableau d’évaluation de la Crédibilité Présidentielle
Nom et prénom Coefficient de rupture Insertion politique effective Capacité gestionnaire Identité nationale Effective Total
Patrice Talon 70 40 90 100 300
Pascal Koupaki 30 30 80 100 240
Bio Tchané 60 50 80 100 290
Lionel Zinsou 10 0 80 10 100
Sébastien Adjavon 80 60 90 100 330
M.-Elise Gbèdo 40 40 40 100 220

 

Prof.  Bidouzo Anicet

copyright5_thumb.png

2 commentaires

  1. Pour le titre, Est-ce bien « Bénin 2006… » ou « Bénin 2016… » ?

Les commentaires sont fermés.