
Selon les révélations de l’avocat de la partie civile, Me Jogbénu, devant la cour qui juge de la disparition mystérieuse de notre compatriote Dangnivɔ, tout part de la Présidence de la République et tout converge vers elle. En clair, c’est là qu’on aurait tué Dangnivɔ, c’est de là qu’on aurait organisé la disparition de son corps ; c’est encore là qu’on aurait conçu la mise en scène de ce que les faux coupables ont appelé un théâtre, et dont on veut, dans ce procès à marche forcée, imposer la représentation au peuple Béninois, à sa conscience collective, et à l’histoire.
Yayi Boni est un menteur né, un roublard congénital. Comme beaucoup de gens qui ont le pouvoir, il pactise avec le diable et se donne malicieusement à voir comme un saint. Il impose ses vessies à tout un pays comme des lanternes. Il a plus d’un tour théâtral à son actif. Le holdup électoral de mars 2011 sur lequel le peuple a fermé les yeux. La tentative de son empoisonnement par Talon, qui a prévu de le tuer avec des drones, le coup d’État présumé fomenté contre lui par un capitaine et un expert comptable ! Et là sous nos yeux kokoro comme ça, la disparition corps et âme d’un compatriote qui à l’époque était soupçonné de fuite de documents compromettant pour son pouvoir à la veille des élections. Crime de lèse-majesté : « Amenez-moi ce petit imbécile Adja que je le pende par les couilles… »
A la réouverture du procès hier sur ordre de la Cour constitutionnelle qui, depuis 2006, reflète fidèlement l la volonté de M. Yayi, Me Jogbénu dont il faut féliciter et soutenir la combativité intellectuelle, a encore révélé comment la République dirigée par le Grand Metteur en scène devant l’Éternel est au cœur de toute cette affaire à ramifications et rebondissements criminels. Il a notamment révélé comment des promesses de poste ministériel lui ont été faites, de même que celles d’avoir pour son cabinet, les dossiers judiciaires de la République… Il a laissé entendre même que ce dossier est lié à celui de la mort de dame Bernadette Agbosu Sohunji dont tout le monde fait semblant de ne pas parler. Bref, il a encore rappelé que l’Affaire Dangnivɔ est une affaire d’État et que même le président de la Cour d’appel n’a plus ses pouvoirs… Il a dit savoir « ce qu’il se passe, comment on tient conseil, comment on réfléchit à sortir certains avocats du dossier… »
Bref, autant de révélations susceptibles de déciller les yeux de ceux qui ont jusqu’ici fait semblant de ne pas y voir clair. La raison pour laquelle la partie civile et les avocats de la défense ont appelé à la récusation du juge chargé du dossier est bien sûr leur connivence éventuelle avec le pouvoir, sinon des pressions qu’ils subissent d’en haut. Les avocats craignent aussi que les jurés et leurs familles entre pressions et promesses en tous genres ne soient récupérés par le pouvoir. Devant toutes ces évidences qui crèvent les yeux, qu’attendons-nous pour mettre aux arrêts les vrais criminels?
La politique ne doit pas être un haut lieu de sadisme , un bastion de crimes impunis et de barbarie gratuite et sans conséquences. Du dernier des Magistrats au premier, nul n’est au-dessus de la Loi. Tous ceux qui ont un miroir ne peuvent accepter la mise en scène débile de la disparition de Dangnivɔ offerte par le pouvoir et se regarder en face. Si on tue un innocent par abus de pouvoir dans la seule passion électorale et on vient vous raconter une histoire grossière que vous acceptez pour tourner la page, alors vous êtes complices de ce crime odieux et inhumain ; le jugement final vous attend aux portes de l’Enfer !
Aminou Balogun
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