Lorsqu’il s’agit de le saigner à blanc, de tirer à fond sur le train de vie de l’État, les Africains ont une curieuse manie de ne pas tenir compte du fait qu’ils sont des pays sous-développés. Ils font volontiers jeu égal avec les pays riches au nom de la rigueur infrangible des procédure d’État. Dans les aspects de la vie de l’État qui touchent aux avantages personnels, aux jouissances et aux profits égoïstes, l’État est aveuglement sollicité, sa fonction de vache à lait optimisée. Alors même que l’État africain est une survivance de l’État colonial dont la fonction était de violence d’exploitation exogène, les tenants de l’État africain maintiennent cette violence originelle, transformée en violence endogène de classe. L’une des ruses de cette violence endogène de classe consiste, dans un splendide mépris des proportions, à célébrer la similitude fonctionnelle de l’État africain et de ses modèles occidentaux dans les seuls aspects des avantages personnels de ses tenants, au détriments des aspects fondamentaux qui définissent la fonction de tout État digne de ce nom. L’État en Afrique est traité comme une sorte de gigot providentiel dont chacun s’acharne à arracher le plus gros morceau possible
Amida Bashô