Ɔjɔ 1
Tout sauf un Dauphin de Yayi
Je ne sais pas qui sera le prochain président du Bénin, mais si d’aventure c’était un dauphin de Yayi Boni et continuateur de son œuvre ténébreuse, le pays s’enfoncerait irrémédiablement dans la misère, conséquence du régionalisme d’inspiration népotiste qui a été la pensée politique maitresse des dix dernières années. Pour que le Bénin retrouve le droit chemin de la justice et de la cohésion nationales, et se redresse de sa médiocrité, il faut que le prochain président soit tout saut un dauphin de Yayi Boni
Ɔjɔ 2
Catastrophe scolaire et Sociale
Au Bénin, le taux d’échec au BEPC est de 70% cette année ! Et encore s’agit-il d’un taux bonifié. Tant que la danse, le sexe, le téléphone portable et la télévision ne seront pas au programme des écoles, le taux n’est pas prêt de se redresser : imiter le monde bêtement sans prendre de gant ou se protéger contre ses nuisances est comme une médaille qui a son revers.
Ɔjɔ 3
Politique ou l’Art de Jouir le Temps d’une vie
Du président de la République au moindre directeur de service en passant par les Ministres, Directeurs de sociétés et autres ambassadeurs, les gens occupent avec fierté et bonheur des postes mais le pays pour lequel ils sont censés travailler n’avancent pas, au contraire il s’enfonce inexorablement dans la misère. Mais les jouisseurs auront tiré leur épingles du jeu. Ils auront passé leur temps et fait leur vie, dans le bonheur et le plaisir. Quoi de plus important dans une vie si courte et si aléatoire ?
Ɔjɔ 4
Bénin, exploitation régionaliste à ciel ouvert
A travers le régionalisme et le népotisme, le Bénin sous Yayi Boni est devenu une gigantesque exploitation bureaucratique à ciel ouvert, où, entre postes, missions et élections truquées, une bande de profiteurs minables jouissent des retombées de l’exercice du pouvoir politique duquel dépend toute leur existence, et auquel elle doit tout. Mais quelle est l’avenir d’une telle exploitation au-delà de l’intérêt mesquin de cette caste de profiteurs sans cœur ?
Ɔjɔ 5
Le cercle vicieux du régionalisme
Yayi Boni a distribué massivement et de façon aveugle des postes de jouissance et des prébendes aux ressortissants des ethnies et départements dont il se sent proche. Conformément à l’idée que c’était le moment où jamais et que son pouvoir équivaut à l’ère de jouissance de son aire ethnique. Mais comme on sait que les départements concernés sont les plus sociologiquement indigents du pays, il est clair que la politique qui consiste à recruter et à positionner massivement dans l’administration des gens sans qualification et dont la seule qualité est d’être ethniquement proches du président, pendant que les hommes et les femmes compétents d’autres départements malaimés ou opposés dans la représentation clivée que le président se donne et cultive du pays à son corps défendant, ces gens sont ostracisés, oubliés, mis de côté comme quantité inexistante, qualité politique insignifiante ; cette gestion fantaisiste des ressources humaines ne peut à terme qu’aboutir à un échec socioéconomique grave, qui à son tour ne ferait qu’aggraver la pauvreté des régions pauvres, et par-là du pays tout entier. Tel est donc le cercle vicieux du régionalisme
Ɔjɔ 6
Crime Idéologique
Par sa furia régionaliste, Yayi boni vise a rééquilibré le politique par le politique et l’économique par le politique. Cette double sollicitation du politique toutefois tourne court car elle est fort malvenue et débouche sur une médiocrité, source de régression généralisée — Il s’agit d’un crime idéologique
Ɔjɔ 7
Nigeria
Definition of corruption by the transition committee on governance :
Violation of established rules for personal gain and profit.
Définition de la corruption par la commission de transition sur la gouvernance :
Violation des règles établies en matière de gain et profit personnels
Ɔjɔ 8
Note de lecture
On s’ennuie, même du ciel, quand c’est à perpétuité (Alphonse Karr)
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Les femmes pour la plupart ne nous aiment pas ; elles ne choisissent pas un homme parce qu’elles l’aiment, mais parce qu’il leur plaît d’être aimées par lui. Les femmes aiment assez l’amour de tout le monde mais il y a bien peu de gens dont elles aiment la personne (Alphonse Karr)
Ɔjɔ 9
Fonction discrète du Régionalisme
Bien qu’il ait la vie dure et soit chevillé au coeur et à l’âme de la vie politique nationale, le régionalisme est en vérité un écran de fumée destiné à cacher la réalité de confiscation du pouvoir politique entre une classe autochtone d’intermédiaire et l’étranger incarné par le système néocolonial dont il protège et assure les intérêts.
Ɔjɔ 10
Robin des Bois tropicaux
Les malfrats béninois ont de plus en pus une inclination Robin des bois. A peine ont-ils entendu que le Ministre de l’eau est impliqué dans une affaire de détournement de l’argent de l’eau potable destinée aux plus pauvres qu’ils ont fait fond sur l’une des demeures de ce celui-ci, d’où ils ont récolté la bagatelle de 10 millions dans un coffre-fort. Que faisait le ministre avec une si grande quantité de liquidité dans l’un seulement de ses domiciles ? Qui sait si c’est la seule cache d’argent liquide dont il dispose ? A partir de quel montant de liquidité chez un individu la justice doit-il lui demander d’en faire justification. En tout cas, pour nos Robin des Bois tropicaux, on peut dire qu’il s’agit d’un bon début de récupération d’une somme due.
Ɔjɔ 11
Note de lecture
« Les réformes politiques se font en un jour mais non le changement de l’homme » Sakaguchi Ango
Ɔjɔ 12
L’Afrique une Vaste Supercherie
L’Afrique n’est pas mise en orbite du développement ni de l’autonomie. Elle n’est pas attendue sur ce plan, au contraire ceux qui ont intérêt à l’avoir telle qu’elle est et a toujours été mettent toute leur industrie à l’en exclure. Au total l’Afrique est une vaste supercherie existentielle, un prétexte anthropologique de ses prédateurs.
Ɔjɔ 13
L’Afrique et l’idée de l’idée
En Afrique, les gens n’ont cure de l’idée de l’idée ; ils ne s’en préoccupent nullement, et pourtant en politique, la lutte fait rage, les conflits sont partout, des nuages de guerre s’amoncèlent dans le ciel des nations. La politique est le vivier et la pitance immédiats de ceux qui s’y livrent, à l’exclusion du peuple. Les guerres ou les conflits, s’ils génèrent des morts et des nuisances instaurent aussi une économie du désordre et de la violence, qui fait vivre les conscrits de cette armée de miséreux, qui n’ont que la tribu ou l’ethnie comme bannière
Ɔjɔ 14
Condition sine qua non pour la paix des Nations
Je pense qu’il faut prêcher la fraternité humaine, diminuer les tensions entre les nations dans le monde, mais il faut d’abord rendre justice à celles qui ont souffert de la violence des plus fortes, assurer qu’elles se redressent dans l’indépendance véritable, débarrassée de la hantise de l’influence étrangère préjudiciable à leur dignité et à leurs intérêts.
Ɔjɔ 15
A quoi servent les Maths au Bénin
En France, naguère quand il m’est arrivé d’enseigner au Lycée L. de Versailles, les élèves demandaient volontiers à quoi servent les maths. Maintenant que j’ai affaire non plus aux maths mais à l’épistémologie des maths, selon les échos qui me parviennent, cette curiosité maniaque des élèves a encore la vie dure, et les professeurs ont beau leur donner des explications, ni les uns ni les autres ne s’en sortent satisfaits, faute d’évidence palpable. Mais au Bénin, aux prises avec les réalisations techniques ou artisanales de la vie de tous les jours, le vacancier venu de France réalise à quel point il croule sous le poids d’une ribambelle de choses qui sont autant de réponses à la question fétiche récurrente de l’élève rétif à l’enseignement des mathématiques. Il n’est que de considérer les œuvres des artisans : menuisiers, plombiers, forgerons, maçons, qui prennent volontiers des libertés avec toutes les lois de la physique et de la géométrie euclidienne, ou des rapports numériques, si elles ne jurent pas avec elles, pour se rendre compte que leurs façonneurs n’ont jamais été à l’école ou, le cas échéant pas plus loin que le niveau primaire. En deçà de ce niveau, ou sans ce minimum, comment comprendre les bienfaits instinctifs souvent inconscients quoiqu’intériorisés des mathématiques qui, parce qu’ils sont presque passés dans les habitudes, les arts et les pratiques dans les pays développés passent complètement inaperçus ? Alors que dans un pays africain comme le Bénin, où l’apprentissage d’un métier est synonyme d’illettrisme plus ou moins intégral au point d’être antithétique de la scolarité normale, la connaissance des principes de base de la géométrie euclidienne ou des rapports numériques est sacrifiée au hasard d’une exécution spontanée qui confère aux ouvrages de nos artisans un caractère d’unicité qui les rapproche plus des œuvres d’art que de simples ouvrages techniques, avec hélas tous les risques liés à cette différence
Ɔjɔ 16
Portrait robot de la chanteuse béninoise en vogue :
Elle est mince comme ma cousine A. Elle aime tellement le Bénin qu’elle doit épouser, comme ma cousine A, un Français. Et dans les clips et textes de ses chansons, il n’y a place que pour les paysages, les manières de s’habiller, de danser propres aux terroirs de chez nous. Je me souviens aussi qu’avant d’aller monnayer sa jeunesse et sa minceur sur la place de Paris en épousant un vieillard qui aurait pu être son grand-père, ma cousine A saluait les aînés à la manière traditionnelle yoruba par une révérence. Mais a-t-on bien besoin d’aller épouser un Français si c’est pour faire ensuite assaut de tradition, et d’invocation des paysages et des ciels du pays ? S’agit-il d’une compensation ou une vulgaire manipulation des rêves d’authenticité et de nostalgie d’une certaine classe de consommateurs de produits musicaux ?
Ɔjɔ 17
Les Bonnes Actions de Yayi Boni
Ce serait intellectuellement malhonnête qu’entièrement gagné par l’habitude de critique de Yayi Boni, on ne reconnaisse pas certains changements et actions positifs concrets enregistrés sous son régime. En tant que vacancier, je n’en veux pour preuve que deux exemples en rapport avec ma situation de saisonnier. 1. Aménagement de l’espace d’accueil de l’Aéroport de Kajεhun depuis le passage de la douane autrefois congestionné, jusqu’au stand de récupération des bagages naguère une chaudière exigüe et étouffante maintenant entièrement agrandie, rénovée aux normes d’un aéroport international et climatisée. 2. La rareté relative des coupures d’électricité, et la constance sans faille de l’eau courante
Ɔjɔ 18
Le Silence des Geôles
Que ce soit Clément Adétɔna, l’exécutant du massacre du juge Kɔovi, il a 10 ans de cela à Parakou ou Kɔjo, Kɔsi Alɔfa, le présumé assassin de Danyinvɔ, la morale de l’histoire judiciaire enseigne que les conseilleurs ne sont pas les payeurs, les donneurs d’ordre ne sont pas in fine les coupables retenus par la justice. Dans un cas comme dans l’autre, on imagine que les crapuleux instigateurs, très haut-placés, à coup de menaces et de promesses illusoires, n’ont pas eu besoin d’un dessin pour faire comprendre aux malheureux imbéciles pris à leur piège, la différence entre l’acceptation de leur sort sous le sceau du silence ou au contraire le leurre d’une dénonciation même et surtout judiciairement négociée, synonyme pour eux d’un arrêt de mort. Et, réalistes ou crédules, ils ont préféré le silence des geôles qui, même à perpétuité, leur paraît plus doux que la voie audacieuse de l’aveu.
Ɔjɔ 19
Réification Capitaliste de l’Afrique
Loin d’être considérés comme nations ou communautés humaines dignes de reconnaissance, l’Afrique, notamment l’Afrique noire, ses États et ses peuples ne sont pour les Occidentaux que des variables de soutènement et d’expansion du productivisme capitaliste. Et ce, en amont et en aval. En amont en tant que source d’approvisionnement léonin de matières premières et de ressources humaines ( immigration, exploitation sexuelle et fuite des cerveaux) et en aval en tant que dépotoir annal, débouché ou dumping-ground du système de production
Ɔjɔ 20
La Justice Béninoise, Experte en Boucs-émissaires
Le but de la justice à court terme au Bénin, après avoir lambiné pendant des années, est de nous faire accepter que l’assassin du juge Kɔovi est le sieur Clément Adétɔna, sans nous convaincre des mobiles de son acte criminel. En clair pourquoi un banal domestique aurait massacré son employeur et maître ? Est-ce que celui-ci aurait chié sur son caca ?
Bientôt, on nous dira aussi que l’assassin de Danyinvɔ est le nommé Alɔfa. Dans les deux cas, des citoyens ordinaires auraient massacré d’autres citoyens d’une classe bien au-dessus de la leur, en dépit du défaut de pertinence sociologique de leur éventuel mobile. Ainsi, les vrais coupables de ces crimes en réalité politiques, qu’ils soient au pouvoir ou qu’ils le quittent bientôt, continueront d’être en liberté.
Mais doit-on se contenter de ces intermédiaires boucs-émissaires sacrifiés à l’opinion au nom d’une justice qui se refuse délibérément à aller au bout de sa logique ? Quelle est cette conception hémiplégique de la causalité qui s’épuise dans sa modalité immédiate au mépris de son essence ? Comment peut-on prendre l’exécutant d’un crime pour son auteur, confondre leurs motivations, et sans référence à celui-ci assimilé au néant, considérer que justice est faite lorsqu’on a chargé entièrement celui-là de toute la responsabilité du crime ? Autant, dans un crime où la victime a été mortellement poignardée, accuser le couteau et ignorer la main qui l’a tenu ! Qui peut vraiment croire que la motivation des ordonnateurs d’un crime manifestement politique est la même que celle de ses pauvres exécutants qui ne comprennent goutte à la politique ? Or, en faisant preuve de sévérité par sa condamnation à perpétuité de l’exécutant, le jour où le ou les ordonnateurs du crime seront mis à nu, la justice ne voit-elle pas qu’elle serait prise au piège de son illogisme ? Dans cette affaire, le maximalisme pénal qui consiste à assener une condamnation à perpétuité à celui qui, aux yeux de tous, n’est qu’un simple exécutant ne convainc personne ; ce n’est qu’une diversion pour faire croire que justice a été rendue. Mais condamner de faux coupables d’un crime à mille ans de prison ne sera jamais justice rendue à la victime lorsque subsiste le doute sur l’existence des vrais commanditaires. Au contraire un tel choix trahit le déni de justice et la dénégation complaisante de la vérité.
Ɔjɔ 21
Question Subsidiaire
Une jeune lycéenne de 17 ans assez jolie, et qui réussit bien en classe, un peu délaissée par son père rare à la maison, toujours au large pour une raison ou une autre ; jeune fille seule face à sa mère démunie, influencée par la culture de prostitution ambiante dont les modes et manières sont véhiculées à longueur de journée dans les médias audio-visuels, cette jeune fille abandonnée à elle-même et ne prenant pas ses charmes pour une merde n’eut d’autre recours que d’aller les mettre aux enchères. Histoire d’en tirer quelque sous, subvenir à ses besoins fondamentaux et cosmétiques, en augmenter les effets en retour et correspondre à l’image qu’elle s’en est faite. Malgré son apparence frêle, calme et innocente, elle finit par tomber enceinte. Entre deux tentatives d’avortement, un médecin censé lui apporter des soins s’inscrivit lui aussi sur la liste de ses amants, clients et souteneur. Le premier par lequel la grossesse arriva, un soi-disant transitaire — profession fourre-tout dont tous les désœuvrés du pays se réclament — fut évincé et moyennant pression, donna son accord pour l’avortement, au grand dam du père de la fille, un gendarme qui, pour optimiser ses revenus, s’était fait envoyer en mission au Congo, d’où, par téléphone, à coup de menaces et d’aboiements furibonds, il promet de punir les uns et les autres : la mère impuissante, et la grande sœur, accusées de n’avoir pas été vigilantes.
Ce qui est saisissant dans l’histoire, c’est l’impression que donne la jeune fille qui, pour être à l’abri de la colère maternelle, a dû passer quelques jours sous mon toit, et à qui on aurait donné le bon Dieu sans confession. La question qui vient à l’esprit est : pourquoi cette jeune fille d’apparence si frêle et innocente a-t-elle jeté un si aveugle dévolu sur ses charmes et son sexe ? Est-ce qu’une jeune fille grandissante, à qui personne n’aurait enseigné un autre usage du sexe que sa fonction urinaire primaire en aurait si sournoisement dévié vers cet usage qui, s’il n’est pas moins naturel, suinte par trop de la tendance très humaine à vouloir justifier les dérives de l’animal social par les provisions de la mère Nature ?
Ɔjɔ 22
Quand les Criminels se paient notre Honneur
En passant devant l’université d’Abomey Calavi, de la route nationale, on peut voir, écrit en grands caractères et destiné à être vu de loin, le nom de M. Alassane Ouattara, le soi-disant Président de la Côte d’Ivoire. Son nom est donc dédié à un amphithéâtre qui le porte ostentatoirement. Pourquoi tant de publicité à un amphithéâtre alors qu’il suffit, comme partout ailleurs que les usagers en connaissent le nom ? Et si l’amphithéâtre était identifié par un numéro, mettons le N° 15 ou 22 allait-on l’annoncer avec tant de bruit ?
Dans un pays où la tendance à ne pas compter sur ses propres moyens, servie par le vice du détournement du bien public, a consacré la frénésie de l’appel à toutes sortes de bienfaiteurs étrangers pour faire en lieu et place des pouvoirs publics et des nationaux ce qui leur incombe, il est de notoriété publique que le nombre de locaux qui ne sont pas offerts ou sponsorisés par tel ou tel généreux donateur plus ou moins opportuniste se compte sur les doigts d’une main. Mais jusqu’où le vice de l’irresponsabilité et de la prostitution nous poussera-il à brader l’honneur de nos temples du savoir et des hauts lieux de notre culture et de notre mémoire en acceptant que le premier criminel historique venu y appose son nom parce qu’il aurait accepté de colmater les brèches de notre édifice ou tuiler une partie de son toit percé ? Ils sont légions les hommes politiques africains interlopes qui, profitant de cette faille morale des Béninois, au nom d’un mécénat douteux, se paient à bon compte une jolie publicité sur le dos de notre honneur. Quelles leçons envoyons-nous à la jeunesse, et dans l’histoire lorsque les lieux de culture, de mémoire et de savoir portent si bruyamment les noms d’une tourbe infecte de renégats, frappés d’indignité sans appel ?
Pendant qu’un Ouattara, honte historique de l’Afrique, s’offre une publicité au fronton de l’université nationale, les dirigeants africains honorables que l’Occident a élus comme ses contraires, les Kadhafi, Gbagbo ou Sankara voués aux gémonies, assassinés ou embastillés, sont rejetés dans l’ombre de la sinistre comédie qui nous tient lieu d’existence sociale. Pendant combien de temps continuerons-nous à nous laisser berner de la sorte par le seul pouvoir de l’argent — comme celui qui a prévalu quatre siècles durant avec la traite négrière — et estimer que nous sommes dignes d’une quelconque postérité ?
Ɔjɔ 23
0% Pour nos langues nationales
Selon des informations diffusées par une chaîne de télévision de la place, le budget alloué à l’alphabétisation est de 0,16 du budget de l’éducation. Autant dire que, ramené au budget national, cette allocation est nulle. Dans un pays où chaque jour que Dieu à crée, la corruption, les détournements de deniers publics et les gaspillages des dirigeants ne s’élèvent pas à moins de 30% du budget national, et où des milliards disparaissent dans la nature pour un oui ou pour un non, ce délaissement de nos langues nationales en dit long sur la conscience des pouvoirs publics de l’enjeu vital que représentent nos langues nationales.
Ɔjɔ 24
Golou par-dessus le Marché
« Elections Communales, Golou Reprend le Contrôle du Couffo et du Mono » peut-on lire à la Une d’un Journal de Cotonou, rompu au mercenariat journalistique, et qui survit, à l’instar de beaucoup d’autres, grâce aux publireportages et aux commandes publicitaires déguisées, qui tiennent lieu de nec plus ultra de l’information.
Une insidieuse qui vise à faire croire aux philistins de la chose publiques et autres béotiens politiques que celui qui « reprend le contrôle » de rien moins que deux départements, est un homme politique de poids et de qualité, qui a de la poigne, du savoir faire et une grande capacité de gestion du collectif. En un mot, un tel homme est bien digne d’être un candidat à la présidence, et pourquoi pas à terme un président de la République. En ce moment crucial où l’UN doit choisir son candidat à la présidentielle et que là-dessus la compétition fait rage de toute part, ce genre de posture médiatique tarifée annonce bien la couleur
Ɔjɔ 25
L’imbécillité du Noir
Les séries télévisées occidentales ( françaises ou américaines de série B’’), s’abritant sous le sceau mystifiant de leur origine occidentale supérieure, infligent des obscénités inénarrables, des propos ou des scènes graveleux ou violents parfaitement scandaleux, que nos enfants, même les plus jeunes, ingurgitent tranquillement comme du petit lait au seul motif que ce sont des Blancs qui les véhiculent, car ce que fait le Blanc ne peut qu’être bon ; le Blanc étant la marque déposée du Bien indiscutable. L’imbécillité du Noir en tant qu’individu ou société, héritée de son histoire de violence et de subordination, et mêlant la naïveté à l’ignorance sur fond d’aliénation est tout simplement inénarrable !
Adenifuja Bolaji

