Nigeria : Buhari en Visite aux USA, Délivre son Message Urbi et Orbi in Wahinghton Post

Par Muhammadu Buhari 20 Juillet, Washinghton Post

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Ce mois-ci, le monde a fait un pas de plus vers la défaite de Boko Haram, le groupe djihadiste qui terrorise des centaines de Milliers de gens dans les États du nord du Nigeria. Dans un de mes premiers actes en tant que président depuis mon élection il y a six semaines, j’ai remplacé les chefs de l’Armée de terre, de la marine et des Forces aériennes du Nigeria. Les membres de la nouvelle direction militaire n’ont pas été choisis en raison de leur accointance avec le pouvoir, comme ce fut trop souvent le cas par le passé, mais sur la seule base de leurs antécédents et de leurs qualifications.Ces nouveaux chefs militaires seront basés dans l’État de Borno, dans le nord du Nigeria où le siège des forces armées a été déplacé. Ce transfert de ressources et du commandement directement à la ligne de front, en plus du remplacement des chefs des agences de sécurité de l’État, de l’organisation des services secrets du Nigeria, et un nouvel accent mis sur le travail en partenariat avec nos voisins, nous a préparés à relever le défi posé par la lutte contre Boko Haram.Déjà, nous commençons à voir une dégradation des capacités opérationnelles de Boko Haram comme force de combat. Au cours des dernières semaines, le groupe semble avoir délaissé l’option de confrontation militaire directe pour une recrudescence des attaques contre des zones civiles, comme cela a été le cas la semaine dernière avec l’attentat kamikaze perpétré par une fillette de 10 ans lors d’un rassemblement de prière musulmane dans le nord du Nigeria. Nous ne devrons pas être surpris par ce changement, malgré son horreur: Il ne signifie pas que Boko Haram réussit son objectif mais au contraire qu’il est en train de perdre.Alors que nous nous efforçons de vaincre les terroristes, je demande au peuple du Nigeria et au monde entier de faire preuve de détermination et de courage. La campagne que nous menons ne sera pas facile; elle peut ne pas avoir un effet immédiat. Nous nous attendons à des étapes de succès et des moments où nos avancées paraîtront marquer le pas. Mais en aucun cas, il ne devrait y avoir le moindre doute quant à la force de notre volonté collective ou mon engagement à débarrasser notre nation de la terreur et à ramener la paix et la normalité à toutes les zones touchées.De même ma détermination ne devrait pas être sous-estimée dans d’autres domaines ; au nombre de ceux-ci, il y a la nécessité d’inculquer la bonne gouvernance et la lutte contre le fléau de la corruption qui a pendant trop longtemps plombé le Nigeria.Ma rencontre avec le président Obama aujourd’hui – la première qu’un président nigérian accédant au pouvoir par une alternance pacifique rendra à son homologue américain – me donnera l’occasion de discuter de mon plan de réformes essentielles. De même, j’expliquerai au président les raisons pour lesquelles la formation de mon administration prend du temps et, surtout, pourquoi il devrait en être ainsi. Déjà des voix s’élèvent pour dire que ce temps est trop long – même si seulement six semaines se sont écoulées depuis mon investiture. J’entends ces appels, mais cette tâche ne peut et ne doit pas être précipitée.

Lorsque le gouvernement sera formé en Septembre, quelques mois se seront écoulés depuis que j’ai prêté serment. Il est intéressant de noter que Obama lui-même n’a pas pu lors de son premier mandat formé son gouvernement au grand complet pendant plusieurs mois après sa prise de fonction; pour autant, les États-Unis n’ont pas cessé de fonctionner dans l’intervalle. Dans le cas du Nigeria, il ne serait ni prudent ni utile aux intérêts d’un gouvernement digne de ce nom que les ministres soient nommés immédiatement après mon accession à la présidence; au contraire, le Nigeria doit d’abord mettre en place de nouvelles règles de conduite et de bonne gouvernance.

Je ne peux pas souligner à quel point il est important d’assurer que ce processus soit effectué correctement, comme il a été crucial d’installer d’abord le bon encadrement des services militaires et de sécurité dans leur intégralité avant d’engager le combat contre Boko Haram.

Il y a trop peu d’exemples dans l’histoire du Nigeria depuis son indépendance où il peut être dit que la bonne gestion et la saine gouvernance ont été engagées au niveau national. Le manque de ce cadre de gouvernance a permis à beaucoup de responsables, en l’absence de freins et de contrepoids réels, de piller l’économie du pays. Le fait que je cherche maintenant l’aide d’Obama dans la localisation et le rapatriement de 150 milliards de dollars des fonds volés dans la dernière décennie et logés dans des comptes bancaires étrangers détenus par des responsables corrompus témoigne à quel point le Nigeria a été mal géré. Cette façon de mener nos affaires ne peut plus continuer.

En effet, l’échec de la gouvernance, on peut l’affirmer, a été autant un facteur dans l’incapacité du Nigeria de vaincre Boko Haram jusqu’à présent, comme c’est aussi le cas en ce qui concerne la campagne militaire elle-même.

Donc, le chemin que nous devons prendre est simple, même s’il n’est pas facile: d’abord, il s’agira d’inculquer les règles et la bonne gouvernance; Deuxièmement, installer des cadres expérimentés qui sont en mesure de gérer les organismes d’État et des ministères; et troisièmement recouvrer les fonds volés sous les régimes précédents afin que cet argent puisse être investi au Nigeria pour le bénéfice de tous nos Citoyens.

Nous cherchons le partenariat et le soutien des États-Unis dans la réalisation de ces objectifs. L’importance de la lutte contre le terrorisme et la corruption au Nigeria, la plus grande et la plus puissante économie du pays le plus peuplé d’Afrique ne peut être sous-estimée. Nos alliés peuvent fournir un entraînement militaire et des renseignements de la plus haute importance à nos soldats pendant qu’ils mènent la guerre contre Boko Haram. De même, nous nous tournons vers les entreprises américaines ainsi que l’administration Obama pour nous aider à développer des initiatives de gouvernance qui peuvent assurer que les avantages de la richesse du Nigeria profitent à tous ses citoyens et non pas seulement à quelques-uns. En prenant ces mesures, nous serons à même de bénéficier des investissements accrus – en particulier dans l’énergie et l’électricité – des États-Unis.

J’ai été élu sur une plateforme de changement. Je sais que c’est ce que les Nigérians désirent plus que tout autre chose. Je sais qu’ils attendent notre action avec impatience. Je sais que le monde attend de voir la preuve que mon administration sera différente de toutes celles qui l’ont précédée. Pourtant, réformer mon pays après tant d’années d’abus ne peut être possible du jour au lendemain. Dans nos campagnes contre Boko Haram et la corruption nous devrons rester fermes, être patients et nous rappeler, comme il a été dit, que : « toutes les choses sont difficiles avant de devenir faciles. »

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