Gabon : Bèru Ogun, Bèru Benin

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imageAndré Mba Obame, le chef de l’opposition gabonaise est décédé. Et comme en Afrique il est difficile de mourir de sa belle mort, surtout lorsqu’on n’est pas très vieux, le soupçon que le bouillant chef de l’opposition aurait été liquidé par des forces mystiques a embrasé comme un feu noir l’opposition et sa jeunesse désœuvrée. Le feu s’est très vite converti en une rage destructrice dont le Bénin a fait les frais via son ambassade incendiée par les jeunes fanatiques de l’opposition ivres de xénophobie. Pour lors, la haine contre les Béninois avait un nom : un certain Maixent Accrombessi qui ne serait tout autre que le Directeur de Cabinet du Monarque héréditaire de ce petit pays pétrolier de l’Afrique centrale, cosmopolite par nécessité, et docilement installé dans les griffes de la France et de son système Françafrique. Il y a beaucoup à dire sur la symbolique ternaire liant la xénophobie, l’élection d’un bouc émissaire, et l’œuvre des forces occultes dans l’imaginaire africain. Mais par-dessus tout ce qui fait sens pour le Béninois que nous sommes est ce cadeau empoisonné de l’hommage rendu à notre savoir faire en matière de sorcellerie. Après l’histoire de l’empoisonnement présumé du Président Yayi, et peut-être à cause d’une loufoquerie politique de ce genre qui a défrayé la chronique internationale et braqué ses feux au sommet de l’État du Bénin, est-il étonnant qu’un ressortissant béninois haut placé soit pressenti comme le coupable idéal d’une mort occulte présumée infligée par des forces mystiques ? Le monde entier nous connaît avec notre esprit de sorcellerie, nous ne pouvons plus nous cacher derrière notre petit doigt. Nous sommes le pays du vodou mais aussi du bo ou du ogun. Les Yoruba disent beru ogun pour dire de se méfier des forces mystiques…Il serait plus simple désormais de dire beru Benin.

Mais ne nous décourageons pas. Le grand écrivain anglais Aldous Huxley a tout prévu lorsqu’il a dit : « Ce n’est pas entièrement mauvais d’avoir des poux dans ses cheveux : c’est un compliment à la qualité de notre sang ! »

Alan Basilegpo

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