Dokubo : Honte et Trafic Diplomatique Occulte du Gvt Béninois

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Selon les déclarations faites à la presse à sa descente d’avion à Abuja, l’activiste ASARI DOKUBO aurait été appréhendé par les autorités béninoises, parce que celles-ci le tenaient pour un leader de BOKO HARAM! Quelle balourdise ! Quel motif abracadabrantesque ! Soit, il s’agit d’un mensonge de la part de DOKUBO lui-même, soit au niveau du Bénin ou du Nigeria, il s’agit d’un faux-fuyant, prétexte grossier pour cacher des transactions politiques frauduleusement tarifées, soit il s’agit d’une renversante méconnaissance par les autorités béninoises de ce qui se passe au Nigéria.

Et on peut se demander ce que font les services secrets et le gouvernement béninois ; pour autant qu’il existe un service secret au Bénin ou un gouvernement digne de ce nom.

Bien sûr, nos autorités ont quelques circonstances atténuantes, en assimilant ASARI DOKUBO à un leader de BOKO HARAM–même si l’erreur est aussi monumentale que si on assimilait le résistant français Jean Moulin à un officier nazi. Comment saurait-il en être autrement lorsque nos journaux qui ont vocation à informer le pays sur ce qui le concerne directement préfèrent aveuglément voire cyniquement (certains étant payés à cet effet) relayer quasi exclusivement des billevesées ou des info recuites de/sur la France ou les pays francophones dont l’existence détermine comparativement peu la nôtre, comme l’existence du Nigéria ou du Ghana sur lesquels ils ne disent rien et ne veulent rien savoir ?

Mais l’argument selon lequel les autorités béninoises auraient arrêté ASARI DOKUBO parce qu’elles le soupçonneraient d’être un leader de BOKO HARAM est gros comme le nez au milieu de la figure. Il n’y a pas si longtemps, le Bénin a soulevé un scandale diplomatique lorsque, en raison de la proximité du Nigéria dont le Nord est infesté de terroristes, la France a mis en zone orange de sécurité le Bénin et a conseillé à ses ressortissants prudence et méfiance dans certaines zones septentrionales du pays.

 

Le gouvernement béninois a considéré cette décision comme infondée, et en a fait un casus belli ; dans la foulée, par réaction, il a déclaré l’ambassadeur de France, Jean-Paul Monchau persona non gratta et a exigé et obtenu son remplacement. Jean-Paul Monchau était accusé de donner une mauvaise image du Bénin, image qui serait non conforme à la réalité d’un pays idyllique, sans menace liée au terrorisme, un pays où les Français, à l’instar d’autres occidentaux, peuvent se coucher sur leurs deux oreilles et dormir du sommeil du juste (même si tout le monde sait qu’en Afrique, les Blancs, et surtout les Français n’ont jamais rien eu de juste et ce depuis des siècles !)

Alors comment venir quelques mois après toute cette esbroufe nous expliquer la découverte miraculeuse au Bénin d’un leader de BOKO HARAM alors que celui-ci était établi au Bénin depuis 2008 ? Cette fable diplomatico-politico-médiatique ne tient pas la route. Et aucun Béninois sensé ne saurait l’admettre. Elle cache plutôt une affaire de corruption où des gens ont été stipendiés pour inquiéter ASARI DOKUBO sans trop savoir — ou même en sachant — qu’on devrait le libérer puisqu’il était un protégé politique de M. Jonathan.

Aminou Balogun

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