Ce que j’aime chez Trump

Trump, comme la plupart des hommes politiques, ment sans doute aussi naturellement qu’il respire. Mais il a une particularité : il lui arrive de s’écarter de la langue de bois et de dire tout haut ce que beaucoup pensent tout bas. C’est cela que j’apprécie chez lui.

On pourrait citer de nombreux exemples de ses déclarations qui mettent à nu une réalité que le discours convenu préfère maquiller, contourner ou refouler. Lorsqu’il qualifie certains pays africains de « trous du cul » ou de « pays de merde », il exprime brutalement un jugement que bien des Occidentaux partagent en privé, même s’ils se gardent soigneusement de le formuler publiquement, voire prétendent penser le contraire. Trump, lui, le dit.

Faut-il en conclure qu’il est plus méchant ou plus violent que les autres ? La question mérite d’être posée. Lorsqu’il menace, par exemple, d’effacer de la surface de la Terre une civilisation plusieurs fois millénaire en parlant de l’Iran, ses propos choquent à juste titre. Une telle rodomontade, lancée dans un contexte de tension politico-militaire, a ému et inquiété plus d’un observateur.

Mais au-delà de l’outrance verbale, une autre question surgit. Qu’a fait l’Occident depuis plusieurs siècles, sinon participer, directement ou indirectement, à la destruction, à l’effacement ou à la marginalisation de nombreuses civilisations, cultures, peuples et sociétés à travers le monde ? Les mots de Trump scandalisent parce qu’ils rendent explicite ce que l’histoire occidental fait et occulte ou dénie.

Dès lors, où se situe la plus grande gravité ? Dans le fait de proclamer brutalement une intention que chacun réprouve, ou dans celui de poursuivre les mêmes logiques sous un vocabulaire policé qui en masque la violence ?

Entre dire sans faire et faire sans dire, lequel est le plus grave ?

Alan Basilegpo

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